Villepin lance son mouvement, "libre et indépendant" de l'UMP

L’ancien premier ministre Dominique de Villepin est « mal à l’aise dans la politique menée aujourd’hui par la majorité ». Face à ce malaise, il a annoncé, jeudi 25 mars, sa volonté de « défendre un changement de politique », au cours d’une conférence de presse à Paris, organisée pour annoncer la création, le 19 juin, de son mouvement politique « libre, indépendant, ouvert à tous, au-dessus des clivages partisans ».Dans les sous-sols du Press Club, situé dans le 15e arrondissement parisien, Dominique de Villepin, en costume noir, est apparu en forme, parfois presque fébrile. Parlant d’une voix vive, il s’est livré, devant un parterre de journalistes, à un réquisitoire contre la politique de Nicolas Sarkozy, sans jamais prononcer son nom.  « J’ai le sentiment qu’au lendemain des élections, ce n’est pas un changement de politique qui a été choisi alors qu’il s’impose », a regretté l’ancien chef du gouvernement. « Le débat sur l’identité nationale a montré qu’on pouvait jouer avec tout, on ne joue pas avec la nation », a estimé M. Villepin, qui a parlé de « politique de réformes éparpillées » et dénonce un paysage politique où « tout devient division, clivage. On pense qu’on va gagner comme cela. Mais la France, ce n’est pas ça ».

« LA POLITIQUE DU RABOT N’EST JAMAIS UNE BONNE POLITIQUE »

« Distribution de milliards », « réformes à contretemps », « politique en accordéon » « on appuie sur la touche burka… Et hop ! Polémique…« , les expressions sont parfois imagées. Au premier rang, la phalange des députés villepinistes, Jean-Pierre Grand, François Goulard, Jacques Le Guen, boivent les paroles de l’ancien premier ministre, qui évoque « la souffrance et l’incompréhension » des Français et fait mine de s’interroger : « La politique menée est-elle la bonne ? »