Sans surprise, la Commission électorale de RDC, la Céni, n’a pas été en mesure de publier ce vendredi 13 janvier les résultats des législatives tel que c’était prévu par le calendrier. Rappelons que les législatives se sont déroulées le même jour que la présidentielle, le 28 novembre dernier. Les Congolais devront patienter jusqu’à la fin de ce mois, le 26 janvier, pour connaitre la composition de l’Assemblée nationale.
C’est par un communiqué lu par un questeur que la Céni a annoncé ce report cet après-midi de vendredi. Pour les provinces, la commission électorale affirme qu’elle annoncera les résultats le 18 janvier, mercredi prochain. Pour la capitale deux semaines de délai sont prévues ce qui amènera au 26 janvier pour avoir l’ensemble des cinq cents sièges de l’Assemblée.
Entre temps, les responsables de la Céni se sont déployés dans toutes les provinces pour vérifier les résultats, le cas échéant les recompter, dans le souci – dit le communiqué – de « garantir la transparence et la crédibilité ».
De nombreux conflits sont apparus dans les provinces où des résultats déjà annoncés sont contestés. Un exemple à Mbuyi Mayi dans le Kasaï, fief de l’opposant Etienne Tshisekedi, où d’ailleurs l’un de ses fils, Félix, a été élu député ; mais où majorité et opposition sont à égalité quatre sièges partout. Ce résultat n’est pas accepté par l’UDPS qui dénonce des falsifications. Enfin la Céni n’a pas réagi à la déclaration de l’Eglise catholique, qui lui demandait de se remettre en cause ou de démissionner.
RFI
Africatime
Agence France Presse
Le Democrate Magazine
Congolaises et Congolais, en attendant la publication des derniers résultats provisoiresdes élections législatives:
RAPPELONS-NOUS, TOUJOURS, DE CES TROIS DATES: 15, 16,17.
Par
Magloire Muleka.
15, 16, 17. Trois dates. Que signifient-elles?
Évidemment, une telle question ne peut avoir de sens que pour celui qui la pose, car l´émetteur connaît le contenu et le sens de son message. Le recepteur lui a besoin d´un reférentiel, d´une décodification, d´un context. Alors, je repose la question: que signifient ces dates et qu´est-ce qu´elles ont en commun pour un Congolais ou pour une Congolaise de la République Démocratique du Congo. La question, formulée ainsi ne peut avoir de réponse que pour quelqu´un qui a l`âge de raisonner, qui a été à l´école, qui est curieux, qui suit l´actualité du pays à travers la Presse et qui sait faire des recherches, pas nécessairement scientifiques.
En tout cas, c´est mon cas.
Voilà pourquoi je me permets de répondre à ces questions.
Mais, avant tout, je voudrais m´amuser à philosopher. En premier lieu, je repproches, à celui qui formulerait la question, d´avoir, sans critère aucun, traduit les nombres 15, 16, 17 dans le sens de signifier des dates. Mais, pour éviter ce procès d´intention, et acceptant qu´il s´agit des dates, je dirais que, dans une vision éthique, linéaire, carthésienne, ces números représentent, logiquement, des dates successives: 15, après 16, puis 17. Je pourrais aussi dire que, dans une vision esthétique et historique, ces dates, situées dans le contexte de notre beau pays, rappellent des moments vécus par notre peuple. Dans cette optique historique, 17 vient avant 16 et 16 vient avant 15.
Sans compliquer la vie de qui que ce soit, je m´empresses d´expliquer. Mon intention est de relever l´importance de ces trois dates dans l´histoire de la RDC.
1)- Date du 15.
Selon l´historien belge, Jean Stenberg, “le 15 novembre 1908, l ´État Indépendant du Congo était annexé par la Belgique et devenait ainsi une colonie belge” (STENBERG, 1989, pp. 116).
Il faut signaler que cet État Indépendant du Congo avait été créé, de toute pièce par le Roi des Belges, Léopold II, le 22 février 1885. Toutefois, Léopold II, déjà en 1860, pensait à doter son pays, la Belgique, d´autant de colonies comme le fasaient d´autres pays européens tels que la France, l´Angleterre, le Portugal. C´est du moins ce que nous rapporte Stenberg.
2)- Date du 17.
“Le 17 février 1860, le duc de Brabant, futur Léopold II, prenait la parole devant le Sénat belge. L´héritier du trône, aux termes de la Constitution, était Sénateur de droit à partir de l´âge de 18 ans. Le duc de Brabant avait pris séance au Sénat le même jour de son dix-huitième anniversaire, le 9 avril 1853. (… Mais), le 17 février 1860, il prononce son premier grand discours” (STENBERG, 1989, p. 9).
Certainement, quelqu´un va me demander: qu´est-ce que le discours du duc de Brabant a à voir avec la RDC?
Ce discours trace, déjà, les destins de notre pays. Il suffit, pour cela, d´analyser le thème de son discours tel que présenté par Stenberg: “Son thème est l´un de ceux qu´il avait déjà traités précédemment, mais auquel il donne cette fois une réelle ampleur: c´est la nécessité de promouvoir le commerce belge à l´étranger et l´exportation des produits belges”.
Est-ce que vous voyez à quoi je veux en venir?
Non?
Suivont alors les explications de Stenberg: “(…) À la fin de son discours, mais dans un style moins direct, d´une manière un peu voilé –au point que la portée de ses paroles échappera à certains de ses auditeurs- , il aborde aussi la quetion des acquisitions coloniales que la Belgique pourrait envisager. (…) Pour la première fois, il employe le terme. ‘Les comptoirs et les colonies’, dit-il, ‘n´ont pas seulement toujours bien servi les intérêts commerciaux des peuples, mais c´est encore à ces établissements que la plupart d´entre eux ont été redevables de leur grandeur passée ou présente” (STENBERG, 1989, p. 9).
Vous entendez bien les mots du futur Roi des Belges: les colonies ont fait la grandeur passée et présente des nations européennes. Le duc n´avait, certainement pas voulu dire “grandeur future” de l´Europe.
Si vous ne voyez pas encore les conséquences de ces paroles de Léopold II, je vous invite à lire: (Jean, STENBERG -Congo: Mythes et Réalités, 100 ans d´Histoire- Paris/ Louvain-la Neuve: Éditions DUCULOT, 1989); Isidore, NDAYWEL è NZIEM- Histoire Générale du Congo: de l´héritage ancien à la République Démocratique du Congo- Paris/Bruxelles: De Broeck & Larcier s.a., 1998).
Très bien. Je ne suis pas professeur d´Histoire. Mon intention consiste seulement à expliquer l´importance des dates 15, 16 et 17 pour notre pays.
Je sais, vous allez me damander: Mais, cher Magloire, de toutes les dates possibles, vous avez juste choisi ces trois. Quels sont vos critéres?
Pertinente et intelligente remarque.
Je n´ai aucun critère logique. C´est la simple curiosité qui m´a amené à cela. En lisant des articles à l´Internet, je suis parvenu a savoir que Lumumba a été assassiné le 17 janviers 1961; que Laurent Kabila a été liquidé le 16 janvier 2001. Alors, par pure curiosité aussi, je suis entré dans l´Histoire du Congo pour vérifier quelque chose que je considère important et qui s´est passé à ces dates là. C´est tout.
Et la date du 15 alors?
3)- Date du 15.
Alors, j´ai su aussi que le 15 janvier 2012, le Patriarche Gizenga a lancé son livre intitulé: “Ma vie et mes luttes”.
Lá vous venez avec une autre question: quel rapport y a-t-il entre la mort de Lumumba, la mort de Laurent Kabila et le livre de Gizenga?
Ma réponse à cette question a été inspirée par les affirmations de Gizenga le jour du lancement de son livre.
Le vieux loup dit: “L’idée me vint d’écrire ce livre depuis mon retour d’exil, en 1992. A vrai dire, tout était parti d’une suggestion qui m’avait été faite un jour en Union Soviétique, lors de mon séjour forcé dans ce pays depuis 1966. En effet, des responsables du Parti Communiste (PC), avec qui je m’entretenais, m’avaient prié d’enregistrer mes souvenirs sur des bandes magnétiques grâce à un magnétophone qu’ils m’avaient fourni. Mes paroles, enchaînaient-ils, allaient être transcrites dans un livre, un livre qui servirait sûrement la postérité. Sur-le-champ, je ne leur dis rien, mais leur promis de réfléchir à la proposition. Mais resté seul, je me posai les questions suivantes : – Pour qui vais-je écrire cette histoire si je la lègue aux Soviétiques ? – Qui est le destinataire privilégié du témoignage de la vie de quelqu’un, sinon les jeunes de sa Communauté ?”
Il dit encore: “C’est pourquoi je résolus de ne procéder à l’enregistrement d’aucun propos, mais concédai seulement à celui des chansosns patriotiques que j’avais composées et chantées pour mon pays. Lorsque les responsables du PC revinrent en charge, je maintins mon refus de leur livrer mes souvenirs. Ils devinrent perplexes, ne comprenant point que je puisse repousser une telle offre, alléchante à leur avis à ce qu’il me sembla”.
À mon avis, cette résistance de Gizenga aux pressions soviétiques démontre, déjà, son perfil lumumbiste, celui de combattre toute forme d´imprérialisme, quelle soit soviétique ou américaine. C´est sa lutte contre l´impérialisme qui lie la date du lancement de son livre aux dates de la mort de Lumumba et de Kabila. Ces deux héros nationaux ont été assassinés, félonisyphilistiquement, par les Occidentaux, utilisant les mains des nationaux.
Revenons aux dates 16 et 17.
4)- Date du 17.
Personne n´ignore que notre premier Premier Ministre, Patrice Emery Lumumba, a été arrêté par Mobutu, travaillant pour l´intérêt de la CIA et des Belges. Acheminé au Katanga, lui et ses collègues, ont été assassinés par le Katangais Moïse Tshombe. Cette histoire triste est connue de tout le monde. Maintenant, nous savons aussi que Lumumba a été sacrifié sur l´autel des intérêts occidentaux, un certain 17 janvier 1961, soit, 101 ans après que Léopold II, l´Occidental, ait cogité, pour la première fois, doter la Belgique des colonies. Et, nous savons que la seule colonie qu´il eu s´appellait Kongo, ou État Indépendant du Congo.
La question que l´on doit se poser est celle-ci: pourquoi les Occidentaux ont-ils liquidé Lumumba?
Là il y a plusieurs raisons avancées. La plus commune est que, comme aujourd´hui Joseph Kabila signe des contrats avec les Chinois contrariant les intérêst des Occidentaux, Lumumba aurait commis le péché de s´aligner avec les Russes en pleine époque de la Guerre Froide.
Ça, dirait certains chercheurs comme notre compatriote J. P. Mbelu, c´est” l´histoire racontée par les Blancs.
Mbelu argument: “L’histoire racontée par « les maîtres du monde » et leurs relais à partir des capitales Occidentales situe l’assassinat de notre héros national le 17 janvier 1961 dans le contexte de « la guerre froide » opposant les deux grands blocs (Ouest et Est). Le malheur de Lumumba serait (entre autres) d’avoir choisi le mauvais camp au mauvais moment. Ce choix serait, dans les milieux impérialistes, une raison suffisante pour tuer un Premier Ministre d’un pays ayant accédé à la souveraineté nationale !”.
Alors, quelle serait la motivation réelle des Occidentaux ?
Mbelu nous éclaie: “Cette explication simpliste ne pose pas l’une des questions essentielles concernant la guerre. A quoi sert-elle ? « En fait, répond Michel Collon, il s’agit d’une simple tactique commerciale. Il s’agit d’imposer aux pays (et aux hommes politiques) récalcitrants que leurs richesses soient placées sous le contrôle de telle ou telle multinationale. Ce qui implique de dominer la vie économique et politique de ce pays. » (M. COLLON, Bush, le cyclone, Bruxelles, Oser dire, 2006, p. 18) Les guerres d’hier comme celles d’aujourd’hui poursuivent un but fondamental : « C’est de transformer le pays conquis en une terre de profits”.
Vous constatez, chers lecteurs que, depuis belle lurette, les Occidentaux poursuivent le même objectif, celui de dominer les autres peuples et de les exploiter. Rappelez-vous ce que disait le futur Roi des Belges: “‘Les comptoirs et les colonies’, dit-il, ‘n´ont pas seulement toujours bien servi les intérêts commerciaux des peuples, mais c´est encore à ces établissements que la plupart d´entre eux ont été redevables de leur grandeur passée ou présente”.
Cela signifie que quiconque s´oppose à ces intérêts sera assassiné sans pitié. C´est cela que j´appelle félonisyphilis occidentale.
Maintenant, qu´avait donc fait Lumumba pour mériter ce triste sort?
Mbelu nous revèle ce qui s´était passé: “Dans son discours à Ibadan (en 1959), Lumumba soutient ce qui suit : « Notre seule détermination – et nous voudrions que l’on nous comprenne- est d’extirper le colonialisme et l’impérialisme de l’Afrique. Nous avons longtemps souffert et nous voulons respirer l’air de la liberté. Le Créateur nous a donné cette portion de la terre qu’est le continent africain ; elle nous appartient et nous en sommes les seuls maîtres. C’est notre droit de faire de ce continent un continent de la justice, du droit et de la paix. » (« Africains, levons-nous. » Discours de Patrice Lumumba, prononcé à Ibadan (Nigeria), 22 mars 1959, Paris, Editions Points, 2010, p.13”.
Encore une fois, rappelons-le, quiconque s´oppose aux intérêts des Blancs doit savoir qu´il va mourir. Ils ne badinent pas eux, les toubabs. Ils tuent sans pitié. Comme disait Lumumba, entre les Blancs et les Noirs il n´y a pas de commune mesure. Et mon regretté père à moi disait: “Mon fils, attention. L´homme blanc est mauvais par nature. Quand tu es avec lui à table, il faut toujours être armé, car tu ne sais pas à quel moment il va tourner casaque”.
L´Histoire est replète d´exemples pour témoigner la méchanceté de l´Homme Blanc. Laurent Kabila, entre autre, en a fait les frais.
5)- Date du 16.
Pour terminer notre aventure sur les dates, évoquons la date du 16 janvier 2001, soit, 141 ans après le 17 février 1860.
Le très estimé Historien Congolais, Isidore Ndaywel, a publié, ce 16 janvier 2012, un article intitulé: “RDC: Laurent-Désiré Kabila a lutté pour l´unité nationale et l´intégrité territoriale”.
Ndaywel affirme que “La lutte pour la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire national, est un combat de tous les instants. C’est le concept qu’il [Laurent Kabila] a lancé du soldat du peuple qui traduit cet heritage”.
On voit bien que Ndaywel ne relationne pas la mort de Kabila à cette lutte.
Cette relation est établie par le journal Digitalcongo. net, dans son texte publié le 14 janvier 2012 et intitulé “Commémoration de la disparition des deux héros nationaux congolais à destin commun: Laurent-Désiré Kabila et Patrice Lumumba”.
Ce journal écrit: “Le peuple congolais, par devoir de mémoire, rend homage, lundi et mardi, à ses deux héros nationaux, Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila, assassinés par les forces du mal, respectivement le 17 janvier 1961 et le 16 janvier 2001”.
Digitalcongo.net affirme que l´objectif poursuivi par les Occidentaux est “d´arrêter l´élan de patriotisme et de nationalisme incarné par les deux hommes d´Etat pour la défense des intérêts du Congo”.
Le journal conclue: “Les deux dirigeants, refusant toute compromission de nature à aliéner la souveraineté de la RDC, ont montré à la face du monde qu´ils étaient acquis à la cause de leur peuple et de leur pays. Leur Nationalisme intrasigeant, qui les poussait à ne rien céder de ce qui touche aux intérêts du Congo, n´a pas plus à l´Occidente qui a, pour la cause, programmé leur élimination”
Congolaises et Congolais, suivons les pas de ceux qui ont lutté pour l´intérêt majeur de notre pays, dont certains, ont payé de leur vie. Rappelons-nous, toujours, ces trois dates: 15, 16, 17.
Magloire Muleka.
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