(Par RFI )La Céni, Commission électorale nationale indépendante, doit « corriger les graves erreurs » relevées lors de la présidentielle et des législatives de novembre 2011 ou « démissionner ». C’est le message très attendu et très direct, de la conférence épiscopale de la République démocratique du Congo. Il a été lu aux fidèles le 12 janvier lors d’une messe à la cathédrale Notre-Dame du Congo à Kinshasa en présence du cardinal Monsengwo entouré de plusieurs évêques des différents diocèses du pays.
La déclaration de l’Eglise catholique est dure et directe. Elle dénonce sans détour la fraude, le bourrage des urnes qui a donné un résultat, selon elle, « pas crédible », puis la répression, les intimidations, les enlèvements, la militarisation. L’Eglise demande aux forces de police et à l’armée de « ne pas obéir aux ordres injustes ».
L’épiscopat congolais estime être dans son rôle en prenant cette position : « Nous ne nous lasserons pas de dénoncer tout ce qui met en péril l’édification d’un Etat démocratique. L’on ne construit pas un état de droit dans une culture de tricherie, de mensonge et de terreur ».
« Ils posent des vrais problèmes que tout le monde se pose ici. Et nous saluons quand même l’appel des évêques à la paix, la justice, et la vérité. Nous saluons le fait qu’ils n’aient pas suivi les extrémistes qui souhaitaient opposer les Congolais les uns aux autres à cause des problèmes électoraux ».
C’est dans ce contexte que la Commission électorale va annoncer que la proclamation des résultats des législatives est reportée. Elle devait avoir lieu ce vendredi13 janvier.
Africatime
Agence France Presse
Le Democrate Magazine
ET MONTES MUREM PARIUNTUR: MGR MONSENGWO ISOLÉ.
Tant attendue par la Nation et par la Communauté Internationale, l´Assemblée Plénière de la Conférecne Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a clôs ses travaux le 12 janvier, soit un jour avant la date prévue pour la publication des résultats provisoires des élections législatives.
Voyons un peu comment la Presse Internationale comme Nationale a commenté les travaux de la CENCO.
Radio Okapi.
Pour Radio Okapi, l´objectif principal de cette réunion consistait à dénoncer les trichéries et à formuler des récommendations d´ordre politico-morales. Le tritre de l´article de cet organe de Presse est: “Élections-RDC: les Évêques catholiques dénoncent des trichéries avérées”. La publication de cet article a connu une situation étrange. Le premier texte a été publié, ce vendredi 13 janvier à 9:26 heure locale. Puis, sans que l´on sache pourquoi, le texte a disparu et a été remplacé par un autre titre: “Plusieurs quartiers de Goma privés d´eau depuis une semaine”. Il était alors 10:00. Enfin, à 11:33, la Radio Okapi a republié l´article sur la CENCO sans rien changer à son contenu. On se demande bien pourquoi ce comportement étrange. Néanmoins, Radio Okapi situe bien le cadre des discussions: “La conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a publié, jeudi 12 janvier, les conclusions de son assemblée générale extraordinaire consacrée au déroulement des élections présidentielle et législatives du 28 novembre”.
Ici, nous voyons déjà l´objet principal de la réunion des Évêques.
Radio Okapi témoigne même que l´Opposition comme le Gouvernement se disent satisfaits des résultats de la réunion épiscopale.
Pour l´Opposition, la CENCO s´est réunie pour officialiser le fait qu´il y eu des fraudes: “Tout le monde a crié sur les fraudes massives. Aujourd’hui, l’église a tiré des conséquences. Elle demande à tous les Congolais de dialoguer pour mettre en place une nouvelle Ceni”.
Pour sa part, écrit la Radio, le Gouvernement congolais a salué l’appel à la paix, à la justice et à l’unité nationale lancé par la Cenco. Selon son porte-parole, Lambert Mende, la déclaration des évêques catholiques est une contribution importante pour rehausser le niveau du débat politique au pays. Cependant, il dit ne pas partager l’ensemble de leur analyse sur le déroulement des elections: “Par exemple, lorsqu’ils parlent de débâcle. Nous ne considérons pas les élections du 28 novembre comme une débâcle. Je pense que c’est un peu excessif. Nous considérons qu’il y eu des erreurs…”.
Dans tous les cas, l´opinion de la Radio est que la CENCO s´est réunie pour reconnaître l´existence des trichéries et les condamner.
La Prospérité.
Pour ce journal, la CENCO s´est réunie pour discuter la Paix. Son titre en dit long: “Les Évêques appellent à la non-violence”. Le journal commente: “Très attendu, le message des Evêques Catholiques a été finalement rendu public hier, jeudi 12 janvier 2012. En effet, réunis en assemblée plénière extraordinaire du 9 au 11 janvier courant et, dans un travail concerté, les Evêques ont analysé le rapport d’observation électorale menée par l’Eglise Catholique. Dans leur message somme toute saumâtre, les Evêques interpellent les acteurs politiques, demandent à la CENI de se remettre en question et de rectifier les erreurs, au gouvernement d’en tirer des leçons, pour prévoir des moyens à temps dans la perspective du bon déroulement des élections à venir et, aux fidèles catholiques de Kinshasa, des provinces et de l’étranger, de s’abstenir de tout acte de violence”.
Radio France Internationale (RFI).
Pour la RFI la Céni, Commission électorale nationale indépendante, doit « corriger les graves erreurs » relevées lors de la présidentielle et des législatives de novembre 2011 ou « démissionner ». C’est le message très attendu et très direct, de la conférence épiscopale de la République démocratique du Congo. Il a été lu aux fidèles le 12 janvier lors d’une messe à la cathédrale Notre-Dame du Congo à Kinshasa en présence du cardinal Monsengwo entouré de plusieurs évêques des différents diocèses du pays.
RFI continue: “La déclaration de l’Eglise catholique est dure et directe. Elle dénonce sans détour la fraude, le bourrage des urnes qui a donné un résultat, selon elle, « pas crédible », puis la répression, les intimidations, les enlèvements, la militarisation. L’Eglise demande aux forces de police et à l’armée de « ne pas obéir aux ordres injustes”.
Enfin, elle conclue que l´épiscopat congolais estime être dans son rôle en prenant cette position : « Nous ne nous lasserons pas de dénoncer tout ce qui met en péril l’édification d’un Etat démocratique. L’on ne construit pas un état de droit dans une culture de tricherie, de mensonge et de terreur ».
Jeune Afrique.
Jeune Afrique, pratiquement, joue à l´hypocrisie et au cache-cache. En effet, il ne publie pas directement l´information sur la réunion de la CENCO. Pour trouver cette information, le lecteur doit d´abord lire un texte intitulé “RDC-Législatives: sous pression, la CENI reporte l´annonce des resultats provisoires”. C´est à l´intérieur de ce texte que l´on va rencontrer ce petit titre “L ´Église Catholique hausse le ton”. À partir d´ici, Jeune Afrique écrit: “ (…) L’annonce de la Ceni intervient alors que la Conférence épiscopale nationale a tapé jeudi du poing sur la table. À l’issue d’une assemblée plénière extraordinaire intégralement consacrée à l’analyse du rapport de sa mission d’observation des élections, celle-ci a diffusé un message très dur (…) à l’égard de la commission électorale, dirigée par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda”
Quel est ce message?
Selon Jeune Afrique, le message est le suivant: “(…) La Ceni doit avoir le courage de se remettre en question, de corriger impérativement les graves erreurs fustigées lors du processus électoral, (…) qui ont entamé la confiance de la population en cette institution, sinon de démissionner” .
Après cela, le journal relationne la CENI et la CENCO à la figure de Mgr Monsengwo: “Connu pour être un ardent défenseur de la démocratie, le cardinal Laurent Monsengwo avait déjà dénoncé les nombreuses irrégularités constatées lors de la présidentielle du 28 novembre en RDC. « Les résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice », avait-il déclaré à Kinshasa, le 12 décembre dernier. Ce qui n’avait pas empêché Joseph Kabila d’être investi le 20 décembre suivant tandis que son rival Étienne Tshisekedi prêtait serment chez lui trois jour plus tard, après s’être autoproclamé président”.
Ainsi donc, pour Jeune Afrique, l´objectif de la réunion de la CENCO versait essentiellement sur les irrégularités constatées dans les résultats des élections présidentielle dans l´intention de fustiger la CENI.
Les organes de Presse analysés jusqu´ici réduisent la dimension de la réunion de la CENCO à une simple volonté d´examiner les résultats des élections présidentielles, en constater les irrégularités et “ramasser” la CENI.
Est-ce vrai que tous les Évêques congolais se soient réunis pour arriver à des conclusions tautologiques, c´est-à-dire, aux conclusions évidentes connues de tout le monde? Gaspiller tant d´argent pour dire les mêmes évidences publiques?
Nous qui avons suivis assidûment et quotidiennement cette situation, nous avons une autre vision. En effet, pour comprendre cette réunion épiscopale, il faut remonter au 24 décembre 2011.
Du 24 au 25 décembre 2011, il y a eu, au Centre Nganda à Kinshasa, une réunion du CALCC dont les objectifs étaient les suivants.
1)- Préparer la réunion de la Conférence Épiscopale nationale du Congo (CENCO). Nous savons que cette réunion a eu lieu du 9 au 11 janvier 2012.
2)- S´engager résolumment dans l´action politique dans le sens de mettre en place une structure chrétienne de résistance et désobédiance au Pouvoir en place.
3)- Donner un appui moral et consistant à la position de Mgr Monsengwo qui rejette l´élection de Joseph Kabila, sur base des affirmations du Centre Carter. Nous savons tous que ce Centre avait declaré que les elections présidentielles étaient entâchées d´irrégularités et de manque de transparence. Mais, malgrès cela, les résultats publiés par la CENI n´impliquaient pas des changements dans l´ordre de ces résultats. Autrement dit, nonobstant les trichéries, c´est Kabila et non Tshisekedi qui a été élu Président de la République. Toutefois, Mgr Monsengwo et Tshisekedi avaient préféré se baser sur la première partie de la déclaration Carter, laissant de côté, la deuxième, la plus conclusive. Planté sur ses convictions, Mgr Monsengwo en est arrivé à inciter les chrétiens à la révolte.
4)- Se mettre d´accord sur l´annulation des élections présidentielle et législatives.
5)- Déclarer invalides tous les resultats victorieux issus des élections.
6)- Lutter pour l´émergence de la dite “Troisième Voie”. Celle-ci a une double face. La première, revenir à la Conférence Nationale Souveraine avec, comme Président Mgr Monsengwo. La deuxième face consiste à rendre Kabila incapable et à le faire remplacer par Kengo wa Dondo, Président du Sénat.
7)- Organiser, le jeudi 16 février 2012, une soit disante “marche révolutionnaire pour la libération”.
Voilà un ensemble d´éléments qui constituent le leitmotiv de la CENCO. Bref, les Évêques du Congo ont été convoqués pour enteriner les positions de Mgr Monsengwo formulées dans les objectifs du CALCC.
Ceci nous amène à analyser les conclusions publiées dans Digitalcongo.net de ce 13 janvier 2012.
Le titre s´approche bien des objectifs de la réunion de la CENCO. En voici le titre: “Les Évêques catholiques n´ont plus fait exploser la bombe amorcée sur leur vérité des elections”.
Ce journal ajoute: “La déclaration annoncée et très attendue de la réunion des Évêques catholiques du Congo pour donner leur position sur la controverse autour des élections n´a plus été aussi violente qu´elle se faisait redouter. La bombe de la vérité électorale caressée par les faucons catholiques n´a plus explosée”.
Il faut entendre par “faucons” Mgr Monsengwo et les membres du CALCC.
Selon cet organe de Presse la CENCO ne s´est prononcée ni sur l´annulation du scrutin présidentiel ni sur l´exigence d´un Gouvernement d´union nationale.
Nos lecteurs se souviendront que ces deux points figurent bien parmi les objectifs tracés par la réunion du CALCC du 24 et 25 décembre 2011. Il ´agit des objectifs 4 ( Se mettre d´accord sur l´annulation des élections présidentielle et législatives) et 6 (Lutter pour l´émergence de la dite “Troisième Voie”. Celle-ci a une double face. La première, revenir à la Conférence Nationale Souveraine avec, comme Président Mgr Monsengwo. La deuxième face consiste à rendre Kabila incapable et le faire remplacer par Kengo wa Dondo, Président du Sénat).
En effet, toujours selon Doigitalcongo.net “Dans leur déclaration, les Évêques congolais ne remettent pas en cause ni ne rejettent la légitimité et la légalité du pouvoir en Rd Congo. Autre fait marquant dans la même déclaration, il n’est nullement question d’annulation du scrutin présidentiel comme le pensaient certaines officines politiques congolaises. Tout comme, les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo ne prennent pas position dans le débat autour de la mise sur pied d’un Gouvernement d’union nationale ou de transition. Les évêques n’annoncent pas non plus l’organisation des manifestations de rue. Bien au contraire, en appellent à la non- violence, à la culture des vertus du dialogue et de l’inclusivité”. Ce dernier point constitue l´objectif 7 du CALCC.
Comme on le constate, Mgr Monsengwo, non seulement a échoué dans ses tentatives de prendre le pouvoir, comme il a été radicalement et poliment isolé.
Déjà s´annoncent les signes avant-courreurs de cet échec. En effet, selon Forum des As publié ce jour, “le président du bureau diocésain du Conseil de l´Apostolat des Laïcs Catholoqies du Congo (CALCC) vient de présenter sa démission au Cardinal Monsengwo pour des raisons de convenance personnelle sans doute, mais d´aucuns y voient un signe de malaise au sein de la communauté catholique”.
Forum affirme: “Si ce n’est pas un signe de malaise, cela y ressemble fortement. Le Président du bureau diocésain du Conseil de l’Apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC) vient de démissionner. Ce départ pouvait passer inaperçu s’il n’était motivé que par des raisons de convenance personnelle. Loin s’en faut”.
Et d´ajouter: “Dans sa lettre de démission adressée à l’Archevêque de Kinshasa – (…)-, Joseph Kasongo Nyamvié ne fait pas dans la langue de bois. Me Kasongo évoque sans ambages « le vent de division au sein de la communauté catholique, vent annonciateur des nuages sombres et de déferlement des haines ethniques ». Ce fervent catholique croit espérer que sa démission pourra « libérer les organisateurs des rencontres dites de CALCC au Centre Nganda ». Des réunions auxquelles le n° 1 des Laïcs catholiques de la capitale dit n’avoir pas été associé”.
Le journal termine: “Pas besoin d’être clerc pour comprendre les ressorts du départ de Me Kasongo de la tête du CALCC. Cette démission est bien dans l’ère du temps. Versant laïc de l’Eglise, le CALCC / Kinshasa subit le contrecoup de l’activisme à forte connotation politique qui secoue le clergé kinois”.
En conclusion, nous pouvons donc dire, comme les Romains, “Et montes murem pariuntur”. Ceci signifie “Et les montagnes accouchèrent d´une souris”. C´est une autre façon de dire que “la déclaration annoncée et très attendue de la réunion des Évêques catholiques du Congo pour donner leur position sur la controverse autour des élections n´a plus été aussi violente qu´elle se faisait redouter. La bombe de la vérité électorale caressée par les faucons catholiques n´a plus explosée”.
Il ne nous reste plus qu´à remercier Dieu le Père, à travers l´Ésprit Saint, qui a inspiré les Évêques pour éviter de transformer notre Sainte Église en la Prostituée de l´Apocalypse.
Nous pouvons dire que s´est accomplie la parole de notre Seigneur Jésus Christ: “…Je vous dis encore que, si deux d´entre vous s´accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieux d´eux” (Mathieu: 18, 19-20).
Amen.
Chantons: “Magnificat anima mea Dominum”. Que notre esprit glorifie l´Eternel qui a dirigé les travaux de la CENCO et qui a évité d´introduire des divisions parmi les chrétiens.
LE JOURNAL LE POTENTIEL JOUE À L´HYPOCRISIE.
Par
Magloire Muleka.
Avec de très bonnes intentions, le journal le Potentiel, dans son éditorial d´aujourd´hui, joue, tout simplement, à l´hypocrisie. Il évite d´appeler “chat” chat. Il invente, métaphoriquement, des mots sans les definir préalablement. Il intitule son éditorial ainsi “Du brouillard”. Après cela, il se déchaine écrivant: ” L’année 2012 a démarré, couverte par un épais brouillard. Comment gouvernants et gouvernés vont-ils gérer leur devenir commun durant les 365 prochains jours ? Espérons tout simplement que, dans l’intérêt de tous, ce qui ressemble à du brouillard ne soit que mirage ou une illusion d’optique et, donc, passager”.
Le journal poursuit: “Il y a, cependant, des signes qui, eux, ne trompent pas. Des signes qui confirment l’amoncellement des nuages à l’horizon. N’empêche que, malgré la saturation de ces nuages, les Congolais, unis et cohérents, sont capables de parvenir à les traverser sans casse”.
Chers lecteurs de Congo Tribune, dites moi un peu: est-ce que vous y comprenez quelque chose dans ce que ce journal veut dire? En tout cas moi, je n´y comprends rien. J´ai l´impression que le Potentiel utilise un langage prophétique et nous prépare à des catastrophes: il y a, à l´horizon, un brouillard, un seul. Petit-à-petit, ce petit brouillard, dans une passe magique, se transforme, paradoxalement en mirage, en une illusion d´optique, en quelque chose de passager. Mais, le journal ne définit pas ce “brouillard” ni n´indique le canal qu´il parcourt pour arriver à se transformer en mirage. C´est terrible cette imagérie. En principe, un brouillard ne peut inquiéter personne. Mais, dans le roman du Potentiel, se brouillard est chargé d´une force étrange à tel point que, de mirage il se transforme, tout d´un coup, non pas en un nuage, mais en nuages. Quel tableau sombre!
Mais, dans ce brouhaha apocalyptique du Potentiel, le peuple a une lueur d´espoir, un petit miracle: “Ce petit miracle est du domaine du possible. D’où l’appel citoyen à la cohésion nationale, à l’unité. D’où l’exhortation à la pratique de la justice, de la vérité, deux facteurs essentiels parmi tant d’autres qui conditionnent la paix et sa consolidation”.
Jusqu´ici, le Potentiel ne nous montre pas le danger qui nous guètte, mais nous indique les moyens d´éviter la catastrophe, encore non définie. Ces moyens sont: la cohésion nationale, l´unité, la pratique de la justice, de la vérité, facteurs qui conditionnent la paix et sa consolidadtion.
Mais, Potentiel, quel est le danger? Sacré Dieu!
Alors vient la réponse: “Face au brouillard de ce début d’année, les élites politiques et d’autres leaders d’opinion devraient sentir la lourde tâche qui est la leur en ces moments, où la Nation est menacée d’implosion à la suite des contestations électorales. Tant à la présidentielle qu’aux législatives”.
Le danger, représenté par le brouillard, brouillard qui s´est, sucessivement, transformé en mirage e en nuages et redevient à son état initial de brouillard menaçant. Ce danger c´est le risque “d´implosion à la suite des contestations électorales. Tant à la présidentielle qu´aux législatives”.
Ouf! Il fallait attendre longtemps pour savoir de quel bois se chauffe le Potentiel.
En suivant ce tableau catastrophique peint par le Potentiel, on a l´impression que partout, sur le territoire congolais, le peuple, dans son ensemble, comme lors du fameux printemps arabe, est en train de contester les élections, est en train de descendre dans les places publiques pour contester les résultats. Or, il n´en est rien. S´il y a eu quelque chose dans ce sens et en ce qui concerne l´ élection présidentielle, cela s´est passé à Kinshasa. Même comme ça, le peuple ne s´est pas soulevé spontanément comme en Tunisie ou en Égypte. Tout ce que nous avons observé ce sont des tentatives de pousser le peuple au soulevement, tentatives initiées par Tshisekedi et poursuivies par Mgr Monsengwo et son CALCC. Mais, la CENCO, lors de sa dernière Assemblée plénière, a invité le peuple au calme, a incité le peuple chrétien à ne pas recourir à la violence. D´où vient donc ce brouillard-nuage que le Potentiel voit à travers d´un mirage?
Le comportement du Potentiel relève de la pure hypocrisie.
À vrai dire, à travers cet éditorial innocent, ce journal cherche à dessiner un climat de tensions sociales que lui-même souhaiterait voir dans notre pays. N´oublions pas que ce journal est un instrument de l´opposition encarnée par Tshisekedi et Mgr Monsengwo. Au début, Tshisekedi avait appelé le peuple à la révolte. Le peuple est resté très méfiant, même au Kasai d´où Tshisekedi est originaire. Après, Mgr Monsengwo, à travers sa milice appellée CALCC a essayé de diviser les chrétiens pour les pousser à la révolte. Mais, le peuple est resté de marbre, surtout à Kinshasa où Tshisekedi est l´enfant chéri. Le peuple congolais en a marre des troubles. Le peuple congolais ne veut plus être manipulé par des leaders qui se cachent derrière la vérité pour propager des mensonges. Le peuple congolais, guidé par l´Esprit Saint, est allé aux urnes, bravant tout sur son chemin. Le peuple, dès par son calme général, a accepté la victoire de Joseph Kabila. Sinon, comme en 1959 ou en 1960, ce même peuple aurait, spontanément provoqué des soulevements. Il n´attendrait pas que des leaders mal famés viennent lui rappeler ses responsabilités sociales, politiques et religieuses.
Nous invitons donc le journal Potentiel à ne pas chercher à reveiller le chat qui dort. Nous invitons le journal le Potentiel à être véridique et juste et à s´écarter de l´hypocrisie.
Félicitations au grand Peuple Congolais qui a pu démontrer et enseigner au monde africain, le chemin de l´amour de la Patrie. Le chemin de la Démocratie.
Salut à toutes et à tous.
Magloire Muleka.
RÉPONSE À FREDDY MONSA IYAKA DUKU DU POTENTIEL.
Frère Freddy Monsa Iyaka Duku, voici le titre de votre article publié ce jour dans le journal le Potentiel: “Autour des élections 2011: la classe politique congolaise entre “Morale” et “Immorale”. Tout cela est très beau. Mais en lisant le contenu de votre texte, on n´apperçoit pas clairement les limites entre ce qui est moral et ce qui est immoral. Mais, en forçant un peu les choses, on constate que vous êtes tout droit dans la ligne maniquéiste qui veut qu´il y ait des dichotomies telles que: supérieur/inférieur, beau/laid, vrai/faux, moral/immoral. Vous avez certainemen raison car, sans doute, vous avez été éduqué à la phylosophie des Blancs, laquelle phylosophie est basée sur le concept de l´éthique, un des aspects de la morale. Se fondant, justement, sur cette vision unilinaire, les Blancs sont parvenus à se considérer supérieurs à toutes les races reunies, à considérer leur culture supérieure à n´importe quelle autre culture, à considérer leur téchnologie suprérieure à n´importe quelle autre téchnologie. Les conséquences de cette vision pathétiquement éthique sont là: esclavagisme, colonialisme, impérialisme, néo-impérialisme, globalisation, néo-capitalisme, néo-libéralisme. Bref, tout ce que j´appelles félonisyphilis. Observez un peu ce que produit la vision éthique de la réalité: des mensonges sur mensonges, des hypocrisies sur hypocrisies. Vous voulez des preuves? Suivez l´Histoire récente: Irak, Paquistan, Lybie, Guantanamos. Avez-vous vu les images des soldats américains urinant sur les cadavres des talibans? C´est ça la civilisation basée sur l´éthique. C´est cette vision qui vous pousse à ne pas accepter que quelques soient les “imperfections, il y a un candidat qui est sorti du lot…”. Vous vous imaginez donc une élection éthiquement parfaite capable d´engendrer un candidat sorti de la cuisse de Jupiter. Mais, c´est une illusion, ça. Jamais il n´y aura d´élections sans imperfetions. Jamais, aussi longtemps que les élections seront relationnées à la politique. Malheureusement, la politique que Platon avait conçue comme kubernetikê ou l´art de diriger le peuple pour son bien-être, est devenue, depuis Maquiavel, l´art de mentir, l´art de tromper, l´art où la fin justifie les moyens. Soyez donc réaliste. Dites-moi, de quel côté se trouve la vérité? Est-ce du côté où on accepte que les irréguralités observées ne changent pas l´ordre d´arriver ou du côté où on choisit une partie de l´équation selon laquelle il y a eu des irregularités, donc celui qui a gagné a perdu et celui qui a perdu a gagné?
De quoi parlez-vous quand vous affirmez: “En les relisant sereinement, on est totalement abasourdi de constater que pour ces cadres politiques, quel que soit le niveau de tricherie qui a émaillé cette élection, on ne peut sanctionner, ni rétablir la justice. L’essentiel étant que l’on gagne. N’importe comment et à tout prix”?
S´agit-il de l´élection présidentielle ou des élections législatives. Soyez clair. Il se fait que vous êtes confus dans votre raisonnement. S´il s´agit des élections législatives, celle-ci sont en train de se dérouler et le Tribunal Suprême de Justice n´a pas encore dit son mot là dessus. On ne peut donc pas affirmer qu´un candidat a gagné ou a perdu. S´il s´agit de l´élection présidentielle, nous savons tous, comme vous le dites bien, que les élections 2011 ont été entâchées d’irrégularités , que les rapports de différentes missions d’observations tant nationales qu’internationales dénonçant des déficiences sérieuses ne sont pas un montage grossier, mais des réalités. Nous savons aussi et nous sommes d´accord avec vous que les contestations demeurent également fondées.
Oh! Que Dieu soit loué, nous savons aussi, comme vous l´affirmez, qu´il y a eu un tripatouillage unique en son genre. Unique en son genre dans le sens que vous vous reconnaissez vous même: les contestations n’émanent pas seulement de l’Opposition contre la majorité ou vice-versa, mais entre alliés d’une même famille politique. Concernant l´élection présidentielle, il n´y a aucune preuve qui démontre que les trichéries, qui affectent tous les candidats, ont bénéficié plus Kabila que Tshisekedi. Mais, la vision éthique dans laquelle vous vous situez vous pousse à ce genre de silogisme loufoque:
1)- Il y a eu des trichéries.
2)- Ces trichéries ont affecté tous les candidats.
3)- Donc ces trichéries ont bénéficié le gagnant, Kabila.
C´est ce genre de raisonnement que produit la pensée éthique.
Mais, il y a un autre aspect de la morale que l´on appelle esthétique. Dans cette vision, il n´y a pas lieu au maniquéisme ni au catastrophisme. Ici on ne cherche pas à savoir comment quelqu´un a gagné les élections malgré les trichéries. On veut plutôt savoir le pourquoi. Cette pensée esthétique est le propre de la culture bantoue. Par exemple, en cas de maladie dans une famille, on ne cherche pas à savoir comment quelqu´un est devenu malade, mais pour quoi, tout d´un coup et aujourd´hui, celui qui était en bonne santé est devenu malade. Il y a en effet un monde dimensionnel où les effets deviennent des causes et des causes des effets. Il y a le monde de la volonté divine qui dirige les événements. La clé pour savoir que Dieu est en train d´opérer est simple: observez si un phénomène est étrange, blessant tout raisonnement possible. Chez les Luba il y a une sagesse qui dit qu´ on peut finir par faire parler un muet. On peut finir par faire parler un crapeau ou un âne.
Dans la Bible Sacrée, il y a l´histoire d´une ânesse que Dieu fait parler pour convaincre un certain devin du nom de Balaam à comprendre la volonté de Dieu. Je vous recommanderais de lire cette histoire dans “Nombres: 22, 15-41”:
“…L´ânesse vit l´ange de l´Eternel et elle s´abattit sous Balaam. La colère de Balaam s´enflamma et il frappa l´ânesse avec un bâton. L´Eternel ouvrit la bouche de l´ânesse, et dit à Balaam: que t´ai-je fait, pour que tu m´aies frappée déjà trois fois?. Balaam répondit à l´ânesse: c´est parce que tu t´es moquée de moi (…). L´ânesse dit à Balaam: ne suis-je pas ton ânesse, que tu as de tout temps montée jusqu´à ce jour? Ai-je l´habitude de te faire ainsi? Il répondit:non. L´Éternel ouvrit les yeux de Balaam, et Balaam vit l´ange de l´Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main; et il s´inclina, et se prosterna sur son visage…” (Nombres: 22, 27-31”.
Comme on voit, Balaam suivait le chemin de l´éthique ne comprenant pas le comportement de son ânesse. Mais, dès que l´animal s´est mis à parler, Balaam était maintenant dominé par la vision esthétique de la réalité.
Cette histoire doit nous inspirer à comprendre que Dieu peut agir auprès d´un peuple et lui désigner un Président de la République, à travers des moyens qui parraissent étranges aux yeux des humains. C´est ce que nous sommes en train de vivre dans notre pays. Joseph Kabila a été élu et endossé Président de la République par le Tribunal Suprême de Justice, malgré les trichéries. Les pays Occidentaux, africains et autres, ont reconnu l´élection de Kabila. Le Centre Carter a affirmé que les trichéries n´étaient pas de nature à changer l´ordre des résultats entre Kabila et Tshisekedi. Mgr Monsengwo a essayé de soulever les chrétiens contre le Pouvoir en place, mais, l´Esprit Saint a éclairé la CENCO de façon que, celle-ci, n´a pas remis en question l´élection de Kabila comme le voulaient Tshisekedi et Monsengwo. Nous avons là des signes qui montrent que c´est Dieu qui est en train d´agir. Faut-il qu´une ânesse vienne nous le dire?
Cherchons par tous les moyens à valoriser le chemin de l´esthétique au lieu du chemin de l´éthique.
Magloire Muleka.
ERRATUM
LÀ OÙ C´EST ÉCRIT « TRIBUNAL SUPRÊME DE DE JUSTICE » IL FAUT LIRE « COUR SUPRÊME DE JUSTICE ».
MES EXCUSES.
MAGLOIRE MULEKA