A quelques mois de la fin du premier mandat du président congolais Joseph Kabila et au seuil du cinquantième anniversaire de l´indépendance de la Rdc, nul ne songe aujourd´hui à nier face aux grands défis de la société , l´absence de volonté politique réelle des autorités actuelles qui ont reconstitué une nouvelle aristocratie d´Etat avec ses privilèges , ses réseaux de connivence. Ce qui est choquant, Mr Joseph Kabila et son gouvernement ont multiplié les erreurs et additionné des déficits publics , mais ils n´ont pas été sanctionnés par le Parlement .Et , ce sont les parlementaires , le président de la République qui bloquent la Rdc ? Certes , les dernières élections de 2006 n´ont pas permis l´émergence d´une nouvelle alaternance politique qui allait , au regard des enjeux , fixer juridiquement et institutionnellement le pouvoir dans un Etat-Nation censé consolider la démocratie , la paix.Aujourd´hui, le manque de poigne et de professionnalisme politique constaté chez le Chef de l´Etat , la carence qu´il a en termes de vision et d´expérience des questions politiques ont encore précipité la faillite de l´Etat.D´où la pollution de tous les services publics , la politique de banalisation de l´impunité et de la corruption.D´ailleurs , à l´intérieur du pays, l´Etat n´existe pas .
Dans les provinces du Nord et Sud Kivu, il y a une administration parallèle érigée par les chefs de milices pour percevoir des juteuses taxes. Mr Joseph Kabila n´a pas su imposer son style, ses marques en sachant bien jouer le jeu politique. Bien entendu c´est une question d´intelligence politique. Ne comprenant pas que l´enjeu politique de ce siècle est de construire des accords de portée nationale, sous-régionale, le président congolais a laissé les autres Chefs d´Etat prendre de l´initiative sur des dossiers engageant la souveraineté nationale ou l´intangibilité des frontières.Quand des milliers de congolais ont éte´refoulés d´Angola sans respect de la dignité humaine durant plus de quatre ans , le président Joseph Kabila est resté les bras ballants . C´est quand l´opinion internationale a surtout décrié les dérives de services angolais, Joseph Kabila a donc envoyé des signaux . Il faut souligner que le nombre des déplacés internes et externes place la Rdc en deuxième position après le Soudan.Du nord du Congo Brazzaville, du sud Soudan , de l´Ouganda,du Burundi, de l´est de la Rdc,la situation de ces déplacés reste précaire.
Ce flux migratoire résulte de l´incapacité de mr Joseph Kabila de rétablir l´autorité de l´Etat sur toute l´étendue du territoire et de ne pas maîtriser les paramètres de sécurité nationale sans savoir empêcher des conglomérats de chefs des milices en constituant des contingences afin d´assurer la sécurité nationale au lieu de compter sur les autres Etats tels l´Angola, le Rwanda..A fortiori sa logique sécuritaire sans perspective politique ne pouvait qu´accroître l´insécurité. La force seule n´est plus suffisante, car les dégâts excédent les maux qu´elle cherche à combattre. Il faut cependant relever que la course au pouvoir s´est confondue avec la course au patrimoine. Le président congolais ne s´est jamais opposé à ce modus operandi en envoyant des signaux clairs .La plupart de ministres , de gouverneurs de province se sont illustrés dans des malversations financières historiques.Le cas du gouverneur du Sud Kivu actuellement démontre la boulemie des acteurs politiques congolais.Stigmatisant cette logique, les citoyens congolais confirment que la politique est la cause de leur misère , surtout quand ils parlent des intellectuels comme des affameurs du peuple.
La population continue à s´appauvrir, cela n´empêche pas les dirigeants de s´adonner à leur sport favori: la politique du ventre en s´octroyant des salaires faramineux . Quant aux fonctionnaires ,ils vegéteront dans des situations lamentables tant que leurs salaires ne seront pas relevés au niveau de la dignité humaine, les mettant à l´abri de la corruption Dans ce système où les voleurs pèsent plus que les hommes sérieux, les indicateurs macro-économiques ne pourront jamais passer dans le vert.Les gouvernements d´Antoine Gizenda et d´Adolphe Muzito sans grande marge des manoeuvres se sont illustrés dans la plus grande inféodation au Chef de l´Etat et dans les dérapages répétés des finances publiques, de la dépréciation de la monnaie nationale. Des désavoeux du Chef de l´Etat pour la gestion calamiteuse des ministères et entreprises publiques ont récouvert les réelles méthodes et pratiques du régime dictatorial de Mobutu qui considérait la malversation financière comme tolérable que s´il en bénéficiait.Somme toute, le président Joseph Kabila est comptable de la situation chaotique du pays.
Tout est possible . J´ai l´espoir d´un changement fort par une nouvelle génération politique incarnant un leadership fort qui bousculera les procédures paralysantes, les routines ,les lourdeurs sociologiques . Il faut que l´opposition se mobilise dès maintenant pour conquérir le pouvoir aux prochaines élections présidentielles. L´alternance politique n´est pas le fait d´une génération spontanée,elle est possible aujourd´hui en Rdc dans la mesure où la dynastie au pouvoir qui n´est pas familiale au sens originel demeure abracadabrante et le système en place constitué des alliances circonstantielles ressemble aux petits arrangements pour se partager des postes.
Professeur José Fl. Kaniki
Africatime
Agence France Presse
Le Democrate Magazine
Je loue la pertinence de votre analyse. Mais, ce qui mérite d’être mis en mémoire est que le combat actuel pour reprendre en mains notre destin en tant que peuple est une affaire de chaque fils et chaque fille de notre pays. Le moment est venu de conscientiser notre peuple à braver la peur pour se libérer de cette prise d’otage dont il se retrouve victime par le fait dynamique conglomérat d’aventuriers au pouvoir dans notre pays. Car il ne dépend plus que nous poirier que ça change.