Mobutu Nzanga : « La célébration du Cinquantenaire devrait rassembler la Nation »

(Le Potentiel 29/06/2010)

L’heure du bilan a-t-elle sonné ? François-Joseph Nzanga Mobutu, Vice-Premier ministre et ministre du Travail et à la Prévoyance sociale, président national de l’ Union des démocrates mobutistes, UDEMO, préfère plutôt parler « d’évaluation ». Il estime que la célébration du cinquantenaire de la RDC constitue une belle opportunité pour rassembler la Nation. Aussi, se sent-il interpellé et saisit cette circonstance pour lancer un appel à tous les Congolais afin qu’ ils s’inscrivent dans cette logique en vue de permettre à la RDC de retrouver sa place dans le concert des Nations. Dans une interview exclusive au journal Le Potentiel, il en va plus en détails – Interview.M. le vice-Premier Ministre, à la veille du cinquantième anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, quels sentiments éprouvez-vous ?

L’indépendance de la République, l’unité nationale et la paix sont les sujets qui ont rassemblé, rassemblent et rassembleront toujours la Nation Congolaise.

Les cinquante ans de notre indépendance constituent pour ma part une interpellation sur ces acquis et valeurs qui dans l’histoire nationale, constituent le socle de notre nation.

C’est aussi l’heure d’évaluation et une projection dans l’avenir pour l’intérêt supérieur du peuple congolais et de la Nation congolaise.

Vous venez d’évoquer des sujets importants qui vous interpellent à cette occasion, pourrions-nous affirmer que cette interpellation traduit un sentiment de tristesse ou tout au moins un sentiment négatif par rapport aux 50 ans passés ?

Il ne peut s’agir aucunement de tristesse. Au contraire, après 50 ans, le bilan est de constater que la Nation congolaise libre et souveraine est une réalité alors que les pronostics politiques n’en faisaient point une évidence.

Elle a été forgée par l’engagement de tous et l’action de dignes fils qui ont présidé aux destinées de la République.

Ici, je ne peux manquer de rendre hommage à l’action et à la mémoire des pionniers de l’indépendance et de différents acteurs et artisans de l’unité nationale qui ont voué toute leur vie et leurs actions politiques à la pérennisation de la paix et au renforcement, à la consolidation de l’unité nationale mise en mal, sinon sérieusement compromise au lendemain de l’indépendance.

En tant que responsable, je me dois de dépasser l’allégresse générale et légitime qui s’expriment dans le cadre de ces festivités et de garder présent à l’esprit les grands défis qui attendent et que doit relever la Nation congolaise.

C’est pour cette raison que le 30 juin 2010 est pour moi un moment d’interpellation, d’analyse du passé en vue de la projection de l’avenir.

Le gouvernement reste préoccupé par la situation à l’Est du pays.

Sans l’aspect humanitaire, je ne peux ne pas être attentif aux attentes sociales de nos populations des situations de précarité souvent insoutenables. Donc, la réponse se trouve dans de grandes réformes à entreprendre.

Et ma préoccupation majeure est la recherche de solutions et de réponses sur les questions d’accès des populations aux soins, d’amélioration de leur revenu et de leur pouvoir d’achat, de la scolarisation et de l’instruction en général de nos populations, d’une bonne redistribution du revenu national qui est à accroître par l’investissement et par le travail à promouvoir..

Quel regard portez-vous sur la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance ?

D’abord, je vous dirais que pour moi l’on ne devrait pas exclusivement se focaliser sur une date mais plutôt sur l’année 2010 qui est l’année du cinquantenaire à l’instar de 1960 qui a été l’année de l’indépendance et dont le processus a débuté en janvier 1960 et même avant.

Quant à la célébration, celle-ci devrait rassembler la nation en raison de ce que c’est l’un des seuls moments de l’histoire nationale ou tous les Congolais, sans exclusive, ont été d’accord sur l’option.

Il n’y a eu aucune voie discordante du 13 janvier 1959, date de la table ronde politique jusqu’au 30 juin 1960 quant à l’option d’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale.

Ainsi, de mon point de vue et politiquement, rien ne devrait être ménagé pour obtenir ce résultat.

Je note que bon nombre d’organisations politiques ont fait savoir qu’en raison de leur non implication dans l’actuelle organisation, elles ne seront pas partie prenante aux festivités.

C’est ici l’occasion pour moi de lancer un appel aux uns et aux autres de privilégier l’intérêt national, de donner le signal du renforcement de l’unité nationale autour de cette date et pendant toute l’année du cinquantenaire.

Il faut savoir qu’il ne nous est pas permis à nous qui avons choisi le métier de la politique de rater une seule occasion de renforcer la paix et l’unité du pays. C’est dans cette vision que nous nous sommes engagé dans la coalition constituant l’actuelle majorité alors qu’au sortir des élections le pays était divisé en deux blocs avec de sérieux risques de bipartition de fait, il était essentiel de n’avoir d’égard qu’à la nécessité de maintenir ce pays un et uni.

Cela a fait appel à un sens élevé de dépassement de soi et des clivages classiques.

Il faut également savoir qu’après cinquante ans d’indépendance, lorsque l’on a un regard sur les années d’après-1960 où les acteurs politiques n’ont pas hésité à verser dans la violence politique, je relève qu’aujourd‘hui nous sommes dans un processus de démocratisation continue de la vie politique avec à son actif un processus électoral abouti ayant mis en place les actuelles institutions et dans la perspective de futures élections générales pour 2011. Je ne peux que m’en réjouir et exhorter à l’unité de tous.

Les problèmes à résoudre et les défis à relever sont nombreux mais l’espoir est permis et j’ai la foi en notre pays de les affronter.

Cinquante ans après, quelle est votre appréciation en terme de vision de la place de la République démocratique du Congo dans le concert des Nations ?

L’indépendance est intervenue dans un contexte de guerre froide avec deux blocs, Est-Ouest.

Cinquante ans après, le mur de Berlin qui symbolisait cette bipartition planétaire est tombé.

Et la fin de la guerre froide a ouvert l’ère de la mondialisation où la République Démocratique du Congo doit trouver et prendre sa place.

Les défis sont énormes. Ils nécessitent des réajustements politiques et autres décisions majeures, dans nos rapports avec les différents acteurs de la vie internationale avec ceci de la particulier de particulier que le nombre d’acteurs s’est élargi au-delà des Etats et des Organisations internationales.

Il faut désormais prendre en compte les nouveaux acteurs que sont les multinationaux, les ONG, la Société Civile Internationale, avec lesquels notre pays est appelé à développer un partenariat national et porteur afin de prétendre à un développement durable et intégral, préalable au maintien de la paix et de la sécurité internationale.

En termes clairs, ce partenariat devrait profiter à la République Démocratique du Congo et à toute la communauté internationale dont elle fait partie, car à l’avènement de la mondialisation, il pointe à l’horizon le rendez-vous du donner et du recevoir.

C’est autant dire que le Congo Démocratique fera son entrée dans le giron international animé par des sujets habités par l’esprit d’échange mutuel des valeurs.

Pour y parvenir, le relèvement des défis précités s’impose sur le plan national et international : le maintien de la paix et de la démocratie, la promotion et la défense des droits de l’homme, le relèvement du niveau de vie, la réalisation du plein emploi ; du bien-être social, etc.

Par ailleurs, il revient à plus d’un de retenir que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 sous-entend, à certains égards, l’émergence d’une politique étrangère congolaise repensée et axée sur le réchauffement et la redynamisation des relations internationales bilatérales et multilatérales.

C’est dans ce contexte que l’on pourrait inscrire la visite officielle du couple royal belge à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale.

Dans le même ordre d’idées, il y a lieu d’indiquer, sans crainte d’être contredit, le grand retour de la République Démocratique du Congo sur l’échiquier international par notamment son implication très engagée dans le processus d’intégration sous-régionale et régionale, telle par exemple sa contribution active à l’organisation des sommets de la SADC et de la CEEAC l’année dernière à Kinshasa.

Il convient donc de relever que la République Démocratique du Congo a intérêt à convoiter et à occuper (ou réoccuper) dans le concert des Nations une position de leadership vu la situation géostratégique dans laquelle elle se trouve.

A court terme, ce leadership que l’on souhaite dynamique, devrait être visé pendant l’exercice de ses activités au sein des organisations Internationales sous-régionales et régionales

C’est à ce prix que notre cher et beau pays, avec son bâton de pèlerin en main, remportera les batailles décisives de demain en relations internationales.

Quel regard portez-vous sur l’avenir du processus d’intégration régionale en Afrique en général et pour la République Démocratique du Congo en particulier ?

A l’heure du cinquantenaire de l’indépendance de plusieurs pays africains et de la République Démocratique du Congo en ce qui nous concerne, le moment me semble opportun pour, qu’au-delà du bilan à ce jour du processus d’intégration régionale en différentes parties d’Afrique, nous puissions nous projeter dans l’avenir.

Si en tant que Mobutiste, je suis d’abord soucieux de la défense des valeurs d’intégrité territoriale, d’unité nationale et de paix sur toute l’étendue du territoire, les devoirs qu’impose ma qualité d’homme d’Etat me conduisent à encourager ce processus, mais en partant d’un Etat congolais réhabilité et dynamique.

En effet, je considère qu’il convient de renforcer la position de l’Etat congolais et de sa société civile afin de réussir le pari d’une intégration régionale prenant en compte de manière plus claire les intérêts de notre pays et de nos populations dans une démarche de solidarité, d’ouverture et surtout de complémentarité sociale, économique et politique.

Je salue les efforts d’intégration multipolaire développés à ce jour par la RDC, certainement au regard due à position notre position géographique, mais force de constater que les résultats se font encore attendre dans la plupart des organisations mises en place.

Le principal modèle d’intégration régionale reposant sur le principe de libre échange avec un ancrage économique prédominant, la faiblesse des échanges intercommunautaires, lesquels dépassant difficilement les 10% pour les plus performants entre, nous rappelle qu’il y a encore du chemin, car à titre comparatif, l’Union Européenne dans sa forme embryonnaire en 1950 se prévalait déjà de 30 % en terme d’échanges intercommunautaires, atteignant plus de 60 % en 2000.

Ayons le courage de le dire, l’intégration régionale n’est pas une fin en soi ; elle doit s’inscrire, pour paraphraser Daniel BACH, dans une stratégie visant à améliorer les perspectives de croissance économique équitable.

Car, s’il est vrai que plusieurs expériences non africaines tentent à démontrer que l’intégration régionale peut apporter une contribution positive au bien-être, l’importance de cette contribution et la rapidité avec laquelle les résultats sont perceptibles, demeurent sujet à débat. Sans oublier que comme pour toute transaction économique, le coût peut solliciter de manière inégale les couches de la population.

Somme toute, la volonté de l’Etat et de leurs sociétés civiles au sens large a conditionné l’évolution de toutes les initiatives d’intégration régionale, qui, à quelque exception près, me paraît mitigée.

En effet, je me dois d’épingler de manière non exhaustive quelques écueils qui, pour une meilleure dynamique future, méritent d’être levés :

- La coordination insuffisante des politiques nationales ;

- L’appartenance simultanée à plusieurs organisations régionales ;

- Le ciblage approximatif de certains programmes d’intervention ;

- La faiblesse des ressources humaines, techniques et financières ;

- L’inadéquation des infrastructures de communication tant nationale que transfrontalière.

Pour les cinquante prochaines années, je préconise, au-delà des réponses aux points susmentionnés, une migration de l’approche de coordination des organisations régionales qui devrait avancer vers la mise en place des mécanismes supranationaux en lieu et place des mécanises intergouvernementaux à ce jour……….

Au-delà de la proximité historique et culturelle, les pays doivent déployer toujours plus d’efforts pour harmoniser les systèmes normatifs, les systèmes juridiques et les procédures budgétaires.

En résumé, il nous faut identifier de manière plus précise, le caractère complémentaire des dividendes sociaux, économiques, culturels, politiques voire sécuritaires de chaque organisation d’intégration régionale et cibler les investissements en terme d’effort et d’attention sur celles qui garantiront au mieux les intérêts de nos peuples.

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Comments

  1. mokuse dit :

    Si Mobutu Nzanga est entrain de regretter les 50 ans de l.indepenance (RDC) Pour moi je le vois en possession d,un grand
    aventurier de premiere classe,je le vois en plus ungrand COllabo
    de premiere Heure, il faut voir comment il sortais le grand matin
    pour aller quemender le poste ministeriel chez Kanambe,d,aiileur
    tous les enfants de maman Bobila-Dawa sont de bourriques!!!
    IL n,a pas encore vu, mais alors qu,il est en train d,attendre
    la dechurure de ses calecons, culottes, pantalons…….etc???
    et apres tous c,est un Gd Niangalakata!!!

  2. Eddy Kapundju dit :

    Nzanga Mobutu croit que la célébration du cinquantenaire devrait rassembler la nation.Ah non! car étant traitre à la nation,il a trahit la mémoire de son père en collaborant avec les occupants de la RDC et ceux qui ont forcé Mobutu dans son exil au Maroc.
    le jour »j » est proche et il aura son compte!!!