Les allégements de l’I-PPTE ayant déjà été intégrés dans le Budget 2010:Le ministre du Budget juge inopportun l’élaboration d’un collectif budgétaire

Par DIOSSO OLIVIER

L’utilisation des économies que la RDC va générer grâce à l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE et l’élaboration du Budget 2011 ont fait l’objet d’une conférence de presse du ministre du Budget.

Il n’y aura pas de collectif budgétaire pour l’exercice 2010. Le ministre du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa Kuderwa Batumike, l’a déclaré au cours de la conférence de presse qu’il a animée hier jeudi 5 août à l’hôtel Venus, à Gombe. Il a fait remarquer que le Budget de l’année en cours a été élaboré dans la perspective de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). C’est dire que tous les allégements avaient déjà été intégrés lors de l’élaboration du Budget 2010. Il répondait, en fait, aux préoccupations de la presse tant nationale qu’internationale sur l’utilisation des économies que la RDC va générer grâce à l’atteinte du point d’achèvement de l’I-PPTE et l’élaboration du Budget 2011.

S’agissant du premier volet de sa conférence, le ministre Ntahwa Kuderwa a fait savoir qu’en accédant au point d’achèvement, la RDC gagne beaucoup d’avantages notamment sur les plans juridique et budgétaire. L’annulation de la grande partie de la dette accorde au pays un soulagement moral et lui donne du crédit auprès des partenaires financiers. Aussi le gouvernement va-t-il contracter, désormais, des emprunts responsables à orienter vers les investissements à caractère social, a-t-il fait valoir. Avant de noter que ceci constitue la nouvelle politique de l’endettement de la RDC. Sur le plan budgétaire, Ntahwa Kuderwa dit que le Congo bénéficie d’une augmentation de l’espace budgétaire pour dégager des ressources à allouer au secteur social. La réduction de la dette, qui permet beaucoup de marges de manœuvre, devant avoir un effet tangible sur la pauvreté en affectant les économies aux dépenses sociales qu’il faut absolument doper.

Par ailleurs, l’interlocuteur de la presse a fait observer que l’atteinte du point d’achèvement a été un parcours de combattant. La réussite a été au prix du respect des critères imposés par les institutions de Bretton Woods et d’autres bailleurs de fonds en réalisant les sept déclencheurs, parmi lesquels la mise en œuvre du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), l’utilisation de l’épargne budgétaire et l’exécution de manière satisfaisante de grandes réformes convenues au point de décision. Le gouvernement a, pour cela, fait preuve d’une gestion caractérisée par, entre autres, la rigueur et la discipline budgétaires, la maîtrise de la dépense et une politique monétaire prudente.

Il va falloir que le même rythme, la même rigueur et la même discipline soient poursuivis dans la gestion des finances publiques, a insisté le ministre du Budget qui a également dit que la RDC est dotée d’un plan de réforme des finances publiques.

Quant au Budget 2011, il est en élaboration, a-t-il signalé, indiquant les innovations y apportées. Il est question notamment de conférences budgétaires regroupant les services d’assiette et autres ainsi que les ministres personnellement impliqués qui viennent défendre leurs prévisions budgétaires afin d’attribuer à chacun le plafond de manière responsable et arrêter ensemble les priorités relatives aux dépenses. Il s’agit aussi de l’introduction d’un DVD contenant un logiciel permettant d’exploiter toutes les données relatives au Budget, de la mise en place de la plate-forme des provinciaux pour une meilleure coordination des investissements dans leurs juridictions respectives, de l’institution d’une commission mixte gouvernement-syndicats pour parvenir à un barème salarial concerté.

Concernant l’amélioration de la situation des fonctionnaires, Jean-Baptiste Ntahwa a d’abord fait remarquer qu’il faut mobiliser beaucoup de moyens financiers, avant de relever le fait que le gouvernement est obligé de procéder à l’assainissement à la Fonction publique. Dont les effectifs sont pléthoriques. Il a aussi informé ses hôtes de l’annulation, par décret présidentiel, du barème salarial, dit de Mbudi, accordé aux secrétaires généraux de l’Administration publique pour ne pas faire la politique de deux poids deux mesures, alors que tous les autres agents et fonctionnaires de l’Etat n’en ont pas encore bénéficié.

Source: le potentiel