(Le Potentiel 25/01/2012)
Le procès du sénateur Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC) et candidat malheureux à l’élection présidentielle 2006 en RDC, a de nouveau été reporté le lundi 23 janvier 2012, et devrait reprendre demain jeudi 26 janvier, avec l’audition du 37ème témoin. Ce dernier est appelé par l’accusation depuis l’ouverture du procès, il y a plus d’un an. Suspendu le 10 décembre 2011, en raison des vacances judiciaires, rapporte radiookapi.net, le procès aurait dû reprendre le 9 janvier. Mais il a été reporté à plusieurs reprises, en raison des difficultés pour le procureur, à faire venir les témoins à la barre. Depuis l’ouverture du procès, en novembre 2010, le procureur a pu conduire à la barre 36 témoins contre le sénateur congolais, poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003.
Pour boucler la présentation de ses preuves au mois de février, avant de laisser la parole aux victimes et à la défense, le procureur souhaite appeler encore quatre témoins, considérés comme des «insiders», c’est-à-dire d’anciens alliés de Jean-Pierre Bemba à l’époque du crime reproché. Or, ces témoins, dont les noms sont confidentiels, refuseraient de se présenter devant les juges.
La CPI dispose de très peu de moyens de contrainte pour faire venir les témoins. Mais, les difficultés du procureur à obtenir leur venue à la barre a, pour l’instant, conduit le procès dans l’impasse. Leur statut d’insider en fait des témoins clés pour le procureur. Il est, cependant, difficile aujourd’hui d’évaluer si leur absence pèsera sur le résultat final de l’affaire, ont indiqué des observateurs à La Haye.
L’essentiel du procès du sénateur congolais s’est déroulé à huis clos et la majorité des témoins a déposé sous pseudonyme, le procureur a également fait appel à plusieurs experts, 21 victimes et les membres du MLC ainsi que les soldats centrafricains alliés au MLC, lors du combat. Les avocats du sénateur congolais estiment que leur client n’a aucune responsabilité dans les meurtres, viols et pillages commis en République Centrafricaine aussi longtemps que ses soldats avaient été appelés en renfort par le président d’alors, Ange-Félix Patassé.
Pour les avocats de la défense, c’est cet ancien président de la RCA et non Bemba qui contrôlait les miliciens venus renforcer l’armée régulière. Selon plusieurs témoins, J.P. Bemba était en contact permanent avec ses troupes et il avait effectué plusieurs visites sur le terrain.
Accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique en 2002 et 2003, Jean-Pierre Bemba subit son procès à La Haye depuis novembre 2010.
Par Stephane Etinga
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Agence France Presse
Le Democrate Magazine
La prison est la place qui convient le mieux à cet homme.