La “Diaspora Congolaise”, le Clan Kabila au pouvoir et les “Mobustistes” courtisent et se disputent tous les faveurs d’un même maître: L’Occident …

Peut-on « libérer » un peuple, conduire un peuple à sa propre libération lorsque le leadership à sa tête  demeure « aliéné », « dépendant » et quémandeur de   l’aumône auprès des faiseurs des princes en Afrique ? Le leadership « congolais, de l’intérieur comme celui basé à l’étranger  souffre du mythe de l’Occident et de « l’homme blanc ».  Non seulement que l’Occident a fait et défait Mobutu, il a en plus fait et défait le défunt Laurent Désiré Kabila, et ce malgré sa tentative d’émancipation bien que tardive qui lui a naïvement couté sa vie ; cette dernière démontre les limites de cette méthode « collaborationniste » alors qu’elle est adulée par la classe politique congolaise ou son élite en général.  L’Occident ou sa cellule de faiseurs des princes en Afrique a aussi fabriqué Paul Kagamé du Rwanda et a imposé l’ordre « tutsi » actuel régnant  au Congo. Ceux qui veulent et cherchent à renverser le « pouvoir » de celui que l’Occident a pompeusement baptisé de nom de «Joseph Kabila » sollicitent ses faveurs à leur tour, quémandent sa pitié, implorent son indulgence en se présentant dans la peau de meilleurs chiens de garde à même d’assurer la garde de la maison du maître : le Congo. Ils ne se gênent pas non plus de frapper à la même porte, à laquelle s’est adressée Joseph Kabila  et ce au nom de ce qu’ils appelleraient leur «réalisme en politique ».  Par ce geste,  ils font preuve de leur subordination, ils étalent leur statut de sous-homme incapable de se dépasser et d’inventer autre chose que ce que le maître a toujours voulu entendre : une musique  bien à son goût, un air du déjà entendu, quelque chose du déjà vu qui déterminerait la nature qui serait celle de l’élite « congolaise » qui aurait fait écrire à un recteur de l’université norvégienne en retraite que « l’homme africain ne serait pas encore prêt pour se gouverner ».

 Au Congo, le clan au pouvoir passe la durée de son  temps à visiter et à recevoir des ambassadeurs et autres personnels d’ambassades accréditées au Congo.   La violence des images de la télévision locale dévoile le genre et la nature du pouvoir en place.  À l’étranger, l’élite dite de la diaspora coopère et participe à l’écriture des textes et soumet des solutions de sortie de crise congolaise aux occidentaux qui non seulement doivent les approuver mais détiennent le dernier mot.  Qui a fait partie du panel d’experts qui ont rédigé le projet constitutionnel qu’un autre congolais en la personne d’Olivier Kamitatu est venu défendre en Belgique ? On y trouverait  notamment des noms de genre  de Kabamba qui serait un congolais naturalisé Belge. 

On apprend ici et là que telle femme de la diaspora congolaise a rendu visite à untel ou un tel autre ministre ou qu’elle a été reçu auprès de tel ou de tel autre ministère ou encore par des ambassadeurs d’autres pays européens accrédites en Belgique, en France, aux USA, en Chine et patati patata et dont les collègues sont reçus au Congo par le pouvoir en place.  On apprendra aussi que tel homme politique congolais qui vit à l’étranger  a déjeuné avec les mêmes ambassadeurs des puissances qui ont placé et soutiennent le régime Kabylo – lumumbiste-mobutiste au pouvoir à Kinshasa.  Comment peut-on prétendre « libérer » un peuple du joug de la domination et de la dépendance en poursuivant la même démarche que celle de ceux qu’ils disent combattre et chasser de pouvoir ?  Ils frappent ou mangent à la même enseigne mais pour obtenir quoi ? Que les maîtres chassent  le « conglomérat d’aventuriers »  qu’ils ont  pourtant réussi à installer au pouvoir à Kinshasa après que ce dernier ait fait des concessions portant préjudice au peuple congolais et au Congo pour  les remplacer par les nouveaux  membres de la diaspora congolaise qui seraient à leurs  yeux, (mais aux yeux de qui ?), les mieux « qualifiés » à défendre  les intérêts du maitre qui seraient  compatibles ou en accord avec ceux des congolais luttant pour la réappropriation de leur devenir ? 

 On a entendu l’un des membres de cette diaspora congolaise aduler la « suprématie » occidentale,  que ne conteste pas l’intellectuel arabe Tarek Ramadan mais cela ne l’empêche de  poursuivre son combat au nom de tous les siens.  S’il on est incapable d’inventer l’avenir pour les Congolais, de mériter le nom d’Homme,  il serait vain de crier aux voleurs, de chercher à faire ce que les Kagamé et compagnie font ou ont fait au Congo et au Rwanda.  Ne serait-ce pas  déshabiller Saint -Paul pour habiller Saint- Pierre ! Que pourrait espérer ou attendre le peuple congolais d’un leadership aveuglé et aveugle en passe de rééditer toujours  l’histoire ? Pourquoi et comment faisons-nous toujours de la mauvaise lecture ?  Pourquoi et comment ne veulent-ils pas comprendre que celui qui finance ne se complait pas à regarder  ce qui est bon pour qui mais c’est quoi ils gagnent pour vivre comme il entendrait ? Que pourrait- elle offrir à l’Occident, cette diaspora congolaise,  qui serait contraire de ce que l’Occident obtient déjà ou sait obtenir de Paul Kagamé ou de Kabila et encore à moindre frais, au prix du sang de ceux qui ne méritent pas de vivre tant qu’ils resteront soumis ou esclaves.  Les maîtres  ne se sont jamais plier ou ne le seraient jamais tant qu’ils ne se sentiront pas menacés ni directement ni indirectement.  C’est  révoltant lorsque l’esclave règle sa propre libération en des termes voulus et acceptés  par les maîtres.  Et que dire des indépendances octroyées à l’Afrique ?

Mais quand  le leadership congolais s’adressera aux Ivoiriens, à Laurent Gbagbo qui a su résister à  Jacques Chirac et à Koffi Annan ? Quand s’adressera-t-il aux Maliens, à Alpha Oumar Konaré ou à ATT,  aux Tchadiens et autres Sénégalais, aux Congolais d’en face, aux Soudanais, aux Angolais  bref quand parlerait-il le langage de l’Afrique à l’Afrique en africanisant la lutte congolaise? Il est question de l’avenir du continent africain par les africains et non de croire au mythe de l’homme blanc, du chinois qui s’est débarrassé de l’esprit de Bandoeng  sinon la Chine ne saurait soutenir le nommé Joseph Kabila.  Les leaders « congolais » répètent pour s’entendre parler  ou amuser les maîtres  des concepts creux tels que  la « démocratie », le « sous-développement » mais par rapport à qui, « la faillite d’État », la « mondialisation », toujours des concepts d’emprunts   incompatibles  pour la plupart des cas aux réalités africaines et qui sont destinés à tromper le grand nombre.  L’Africain, le Congolais en particulier fait lui-même le lit de ses fossoyeurs.  Ramener le monde ou le limiter à la vue du sommet de l’iceberg  constitue une vision tronquée de la réalité de ce même monde. « Marx, [disait Hô Chi Minh cité par Jaques Attali (2007 : 7)],   a bâti sa doctrine sur une certaine philosophie de l’histoire. Mais quelle histoire ? Celle de l’Europe. Mais qu’est-ce que l’Europe ? Ce n’est pas toute l’humanité ». Et cette vision de la réalité a faussé longtemps  le combat, l’a désorganisé et a contrarié le discours destiné à attiser la flamme.  La société congolaise est composée en grande partie des paysans et non d’ouvriers et à qui son élite s’adresse le moins. Cette cécité compromet la libération des peuples d’Afrique. 

 Le leadership congolais dans son semble, y compris la diaspora « congolaise », tient un double discours le jour comme la nuit. On aurait dit qu’il serait atteint d’ “ alexithymia […] term refers to psychiatric patients who are unable to appraise and express their emotions” (Salovey & Mayer, 1990). “Individuals who lose this ability bury their real self, and a false self emerges “(Hochschild, 1983).

  Face à la montée de la Chine,  de ce qu’on appelle communément le monde émergeant : l’Inde, le Brésil et à l’accession au pouvoir d’une nouvelle race d’acteurs politiques du genre d’Hugo Chavez,  de Lula ou encore de Mahmoud  Ahmadinejab d’Iran, bien que l’on s’oppose à la théocratie au pouvoir, l’Afrique a besoin d’un second souffle. C’est d’une révolution qu’il s’agit et non de ceux qui adoptent et proposent des formules « prêt- à- porter », qui  achètent au Carrefour et consomment « des choses toutes faites ». Le nouvel homme politique congolais devrait et doit être « décomplexé ».   LILOBA NA BISO NGANGA…

Mufoncol Tshiyoyo, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com