La CEI et la CENI se partagent le « gâteau »

lire l’article ci-dessous du journal « Le Phare » daté du 5 janvier 2010

Si l’on pouvait tolérer qu’à titre transitoire – bien qu’aucune disposition dans la Constitution de la République Démocratique du Congo ne l’autorise – que la Commission électorale indépendante joue jusqu’à ce jour les prolongations. Il est totalement hors de question qu’une fois que la Loi organique portant organisation, attribution et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) aura été adoptée par le parlement de la RDC que la Commission électorale indépendante de Monsieur MALU MALU reste en place. L’actuelle Consititution de la RDC a institué non pas mais deux institutions d’appui à la démocratie : la Commission électorale nationale indépendante et le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (cf article 222 alinéa 3) La volonté affichée par Monsieur MALU MALU de voir la Commission électorale indépendante organisé les élections locales non seulement va à l’encontre de la volonté du pouvoir constituant pour qui cette institution d’appui à la démocratie avait reçu une compétence ratione temporis bien délimitée dans le temps à la période de la transition mais elle contredit également les propos qu’il a lui-même tenus dans l’interview par lui accordée en date du à Madame Marie-France CROS du quotidien bruxellois « La Libre Belgique »

en date du 29 novembre 2006 (

http://www.lalibre.be/actu/international/article/317104/malu-malu-il-faut-abolir-la-rumeur.html )

.

« J’ai ainsi proposé qu’après l’élection des sénateurs et des gouverneurs par les assemblées provincialles, en janvier (2007), on mette en place la CENI et que ce soit elle qui organise les élections locales. Comme cela, elle aura déjà de l’expérience pour les prochaines élections générales, dans cinq ans. Parce qu’on apprend cela que par la pratique. »

Nous prenons Monsieur MALU MALU au mot pour poser la quetion suivante : comment est ce que la CENI va t-elle acquérir de l’expérience si elle n’organise pas les élections locales ? Quelle pratique sera la sienne avant d’organiser les élections générales ?

L’improvisation de la Commission électorale indépendante dirigée par Monsieur MALU MALU autour de la définition du timing et du mode de financement des élections, le caractère unilatéral et illégal des décisions prises par Monsieur MALU MALU amènerons certainement l’opinion congolaise à s’ interroger a posteriori sur son intégrité morale et a fortiori sur la crédibilité des élections organisées en 2006-2007 par la Commission électorale indépendante.

Didier NKINGU

*****************************************************************************************************

La CEI et la CENI se partagent le « gâteau »

(Dom )

Le suspens étant désormais levé avec le communiqué de la réunion interinstitutionnelle de Mbuji Mayi, et surtout le discours du chef de l’Etat sur l’état de la nation du 7 décembre 2009 devant le Parlement réuni en Congrès, il n’y aura plus d’élections en 2010. Toutes les échéances électorales auront plutôt lieu en 2011. Cependant, il importe de signaler que ces élections connaîtront deux pouvoirs organisateurs, malgré qu’elles se dérouleront la même année. Il s’agit de la Commission Electorale Indépendante (Cei) et de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni). Ainsi les élections dites primaires (urbaines, municipales et locales) seront organisées par la Cei, après la révision du fichier électoral. Tandis que la Ceni s’occupera de la présidentielle (1er et 2ème tours), des législatives nationales et provinciales, tout comme des élections au second degré des sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces. La précision est d’Apollinaire Muholongo Malumalu, président de la Cei, structure appelée à passer le relais à la Ceni. C’était au cours d’une interview exclusive qu’il a accordée dernièrement au site électronique « Digital Congo.net ».

A propos d’une certaine confusion ou malentendu qu’entretiendrait une certaine opinion autour du financement de la révision du fichier électoral avec les recettes générées par la vente de la carte d’identité, Apollinaire Malumalu a tenu à éclairer la lanterne de nombreux compatriotes, en indiquant que ce n’est pas la Cei qui se chargera de la vente de la carte d’identité. Mais la tâche relève plutôt du gouvernement de la République qui a la responsabilité de mobiliser des ressources nécessaires à la réalisation des opérations de révision du fichier électoral en vue de l’établissement de la carte d’électeur, et de celle d’identité. Autrement dit, si la Cei délivrera la carte d’électeur, celle d’identité sera par contre délivrée par le gouvernement par le biais du ministère de l’Intérieur. Toutefois, a-t-il souligné, les deux opérations peuvent utiliser les mêmes équipements. Avant de préciser que la carte d’électeur est gratuite, alors que celle d’identité est payante. En outre, il a affirmé que les élections respecteront le calendrier constitutionnel. D’autres préoccupations ont été également posées au président de la Cei. Dans le lot, on peut relever celles liées à l’application des résolutions de la Conférence de Goma 2008 dont il avait présidé les travaux ; au fonctionnement du STAREC (Programme de stabilisation et de reconstruction des zones sortant des conflits armés) ; au bilan des élections générales de 2006 ; à sa participation aux élections du Togo ; etc. Concernant la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, il a démontré que le programme « Amani », mis en place à l’issue des travaux, a aidé à réaliser bon nombre de choses. Notamment le désengagement de quelques groupes armés. Soit plus de 20.000 éléments au Nord-Kivu, 5.000 au Sud-Kivu et plus de 3.000 pour le Maniema. Le plus grand succès dans ce chapitre reste le désengagement du CNDP, PARECO, Maï Maï, etc. Toutefois, il a reconnu que les fruits de ce désengagement ne sont pas encore palpables. « Mais ce désengagement n’a pas encore montré tous ses fruits, parce que le processus d’intégration dans l’armée et dans la vie civile continue, et c’est beaucoup plus complexe ». Avant de renseigner qu’un certain nombre de projets du programme « Amani » sont aujourd’hui déversés dans Starec. Parlant du Starec, A. Malumalu a fait savoir que celui-ci vient combler les lacunes d’Amani. Parce que la Conférence de Goma s’était basée uniquement sur les deux provinces du Kivu. Or, celles-ci ne sont pas les seules zones touchées par les conflits armés. Il y en a d’autres à l’instar de la Province Orientale (Ituri, Bas et Haut Uélé), du Katanga (nord et du district de Tanganyika), Maniema. Au sujet de son invitation au Togo où il a été associé à l’opération d’inscription des électeurs, il a affirmé qu’il était saluée par tout le monde. Qu’il soit membre de la majorité ou de l’opposition, acteur social ou élite…Malumalu déclare que tout le monde était unanime pour reconnaître la réussite de l’opération d’enregistrement des électeurs. A ceux qui fustigeaient le trucage aux élections de 2006, il leur exige la preuve. Parce que, se demande-t-il, comment cela pouvait se passer, alors que le bureau de la Cei était composé des personnes venant de différents horizons et tendances politiques ?

2010-01-05