L’esprit « mayi mayi » est le ciment de la refondation de la nation congolaise

Le temps de la refondation a sonné pour le Congo. On dirait plutôt celui de la fondation d’une nation car l’Occident s’était précipité à créer un « État » du type occidental qu’il dénomma le Congo sans chercher à renforcer des liens séculaires unissant les populations peuplant les différents royaumes rassemblés dans ce qu’il deviendra plus tard le Congo. Ce refus qui était une modalité de gouvernement rejoint les propos du Marechal Louis-Hubert Lyautey, colonisateur du Maroc qui disait : «  S’il y a des mœurs et des coutumes à respecter, il y a  aussi des haines et des rivalités qu’il faut démêler et utiliser à notre profit, en opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres ».

À force de voir ces peuplades assister inertes devant la destruction programmée du Congo, il ne serait aujourd’hui mal venu de se demander ce que ces peuplades ont en commun qui les détermine comme « congolais ». Poser cette question ne signifie remettre  en question l’identité « congolaise » en jeu quand on sait qu’elle reste à construire. 

  

L’homme congolais ou le Congolais ne court pas les rues en ce moment de crise et des contradictions d’ordre multiple. Franchement, on a du mal à le dénicher. S’il existe pour certains, il s’ignore encore pour d’autres car devant la menace extérieure, le Congolais  à qui le pays et la terre appartiennent, s’il ne se tait se fait à tout le moins complice parce que corrompu. Il se contente des miettes que lui font tomber par condescendance les différents locataires qui usurpent sont droit de propriété. 

  

La machine semble calée devant le spectacle de « convivialité » entretenue par le Congolais, propriétaire de sa maison, qui devait user de son droit de propriété, en lieu et place d’une intimité consentie à son bourreau de locataire. 

  

Le Congo est sous occupation étrangère. Ce ne sont pas les récentes images diffusées par CNN qui le démentiront, mais le Congolais semble en souffrir à peine quand on scrute la liste des siens membres à part entière des gouvernements de compromission qui se succèdent à sa tête depuis 1997.  Ce sont des « congolais » qui trouvent des justifications à ce qui arrive au Congo. Et ce malgré les différents avertissements relatifs aux origines douteuses des uns et des autres qui les émeuvent à peine.  Il semblerait qu’il serait même inhumain de parler de la « congolité » à l’instar de Laurent Gbagbo et de sa chère épouse parlant d’ « ivoirité ». Ceux qui voudraient donner des leçons aux Congolais sont les mêmes qui chassent des immigrés en Occident au nom de la différence.     Le bas blesse lorsque des congolais cèdent leur droit de filiation à ceux qui les mettent dans une situation de dépendance et soumission. On serait sur le point de crier avec colère comme François Mitterrand dans Mémoires interrompus cité par Guy Gauthier [1] «  Je ne me sentais pas né pour vivre citoyen d’un peuple humilié…Je ressentais également l’occupation de mon pays comme un viol ».  

Non ! Trop, c’est trop ! Proposons à ce peuple « différent » des uns des autres mais au passé commun, ayant une expérience de vie commune qui sous d’autres cieux forge les âmes et les prépare aux grands desseins  un nouveau contrat social appelé un  « contrat citoyen » basé sur ce que l’on pourrait nommer l’esprit « mayi mayi », c’est-à-dire un engagement libre et conscient de différents « groupes » ethniques qui composent l’ensemble dénommé Congo, un contrat scellé par le sang des siens, à défendre par le sang la terre Congo. Chaque clan, chaque famille aura librement « sacrifié » les meilleurs de ses entrailles dans un combat de naissance et de reconquête de notre droit terrien, un pacte de sang entre les peuples qui décident et veulent vivre ensemble en une communauté d’humanité. 

  

L’avantage pour ce genre de contrat est la participation de tous les enfants congolais à la naissance d’une nation congolaise. Il n’y aurait pas d’un côté des Congolais qui auront pris les armes, les bâtisseurs et les jouisseurs de l’autre. Tout le monde aura ainsi plongé sa main dans la pate  nourrissante. Le Congo nouveau aura une fondation solide qui aura pour mythe le sang des siens. Chaque famille congolaise aura participé à travers le sang d’un proche. 

  

Quand le loup est dans la bergerie, le berger ou la bergère cesse d’avoir sommeil. Il est dans leur devoir de défendre leur terre, d’enseigner ou d’inculquer désormais une nouvelle culture aux siens dont l’élément innovateur serait de mourir pour cette terre, celle de ses ancêtres. 

  

Toutes les grandes nations ont une histoire. Il en est aussi de grands peuples qui ont eu à dominer le monde et les peuples. L’histoire est sanguine. Il en restera ainsi. Et le Congo, sauf si on en déciderait autrement de l’appellation de ce pays car le nom Congo exprime l’esclavage et la soumission, ne pourrait  autrement se relever de ses cendres.

  Nous avons décidé de prendre les armes pour défendre le Congo à n’importe quel prix en vue de lui insuffler une seconde vie une nécessité à la réalisation de l’Afrique à même de lui faire prendre conscience de la réalité « fanonniène » s’exprimant dans toute sa vérité : « l’Afrique avait la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve placée au Congo- démocratique ». Aux Congolais d’apprendre à appuyer sur cette gâchette pour que l’Afrique  s’élève à l’instar de la Chine  selon le point de vue d’Alain Peyrefitte : Quand la chine s’éveillera, le monde tremblera.   À l’heure où les  Occidentaux s’interrogent sur leur mythe et le devenir de leur terroir, François Heisbourg qui s’interroge à travers un ouvrage portant un titre révélateur bien que se terminant par un point d’interrogation,  La Fin de l’Occident ?, ceux qui sont perchés sur un arbre  à Kinshasa se font chantés, voire le roi en personne. On ne découvre pas le panafricanisme. On aime l’Afrique. Ne s’autoproclame pas Hugo Chavez qui le désire. 

Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique, (R.A.P.)

Mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com


[1] François-Xavier Verschave, 2000. Noir Silence. Qui arrêtera la Francafrique? Paris, Les arènes, p.93

Comments

  1. manzila manasse dit :

    je suis congolais de de R.d.c .mais je suis pas dacorer a vec vous qui son reste au congo r d c .