Prof. JOSEPH YAV KATSHUNG
1. En guise d’introduction!
1.1. Sans verser dans ce que d’aucuns qualifient à tort ou à raison de rébellion ou sécession ; et prenant les Citoyens de la RDC, mieux du « Katanga d’antan » à témoin ; soucieux de rester légaliste et respectant la volonté du peuple qui s’était prononcé pour les 26 provinces lors du referendum constitutionnel de 2005, je suis poussé par la force des choses à porter ma candidature au poste de Gouverneur du Lualaba.
1.2. Le « messie » tant attendu semble tarder à venir et peut être qu’il ne viendra plus en RDC. L’on a trop souvent été des spectateurs et c’est le temps de se prendre en charge. Comme je l’ai si bien dit dans mon livre qui a pour titre « La Décentralisation au Congo: Une Tour de Babel?, Ed. UniBook, Spuurs, Belgique, 2009 », au delà du scepticisme affiché par certains « gloutons politiques » qui appliquent la politique de « j’y suis et j’y reste » sans aucun souci pour le bien être de leurs compatriotes, la décentralisation est juridiquement un mode d’organisation des pouvoirs publics. C’est le transfert de certaines compétences de l’Etat à des collectivités territoriales, autonomes financièrement et juridiquement du pouvoir central.
1.3. Mais en réalité, elle est aussi l’affaire de chaque citoyen car elle modifie profondément ses relations avec les pouvoirs publics. TOCQUEVILLE affirmait par exemple que la centralisation administrative n’était propre « qu’à énerver les peuples » car elle tendait « à diminuer parmi eux l’esprit de cité ».
1.4. Cela est d’autant vrai car, lorsque les Grecs demandèrent à Solon de leur donner une constitution, celui-ci répondit à la forme interrogative : « pour quel peuple et quelle époque ? ». En effet, une constitution se présenterait comme réponse à une attente. Mais elle répondrait à quelle dynamique sociale dans quelle dynamique historique, à quelle ordonnance du temps? Cette demande légitime d’une constitution faite par les Grecs pour régir leur société fut également formulée par le peuple congolais, las de la politique de centralisation à outrance avec tout son cortège de malheurs. Mais voilà que constitutionnellement, 36 mois -après l’installation effective du Sénat- furent accordés aux gouvernants pour la matérialisation de 26 provinces. Au lieu de s’assumer, ils ont préféré villégiaturer et se réveillent en sursaut autour du 15 mai 2010, date butoir pour fustiger les difficultés de respecter la constitution. Quelle irresponsabilité surtout quand l’on connaît par cœur le brocard « Gouverner c’est prévoir » !
2. Quelques raisons de ma candidature
2.1. Je suis tenté de postuler pour faire bénéficier à chaque habitant -du Lualaba- des conditions de vie améliorées. C’est dans cette optique que le législateur congolais, mû par ce souci du bien-être de tous les Congolais, a trouvé nécessaire et utile de procéder au découpage politique et administratif du territoire national afin de rapprocher davantage les administrés de l’Administration, cela en vue de cerner les vrais problèmes de la population et en trouver des solutions urgentes et adéquates. Donc, le découpage territorial a été décidé de toute évidence dans le seul but d’accélérer partout le progrès économique et social de la population. Il va de soi que ce découpage territorial est une cause noble et l’objectif indiscutable.
2.2. Ainsi, je soutiens qu’au regard des articles 2 et 226 de la Constitution de la RDC, il ne s’agit plus de décider si la « décentralisation – découpage » est une option, ou de ne pas la voir franchir l’étape du stade initial, mais plutôt de savoir comment la mettre en œuvre dans la pratique pour qu’elle puisse réaliser les objectifs qu’elle s’est fixés. Il ne reste qu’à la Commission Electorale d’organiser le plus rapidement possible l’élection du gouverneur dans les nouvelles entités.
2.3. Les sceptiques et /ou les conservateurs de dernière minute doivent savoir que l’on ne marche jamais contre le courant de l’histoire. Les mutations institutionnelles et socio-politiques auxquelles nous vivons doivent être comprises comme un élargissement de la démocratie participative pour stimuler la responsabilisation des acteurs à la base. Dans ce sens, le découpage territorial offre non seulement des espoirs d’un renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance locale mais aussi des promesses d’une plus grande efficacité et efficience dans l’offre de services adaptés aux besoins locaux et un cadre adapté pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.
2.4. Je suis conscient des embûches et pour les surmonter, je pense qu’il est donc important que les citoyens soient au centre du processus par implication active dans le processus. En effet, pour que réussisse ce découpage, le processus doit être inspiré par l’exigence de la population d’une redéfinition des rapports entre l’État et ses citoyens et non être l’œuvre des calculs politiciens.
2.5. La population du Lualaba doit s’approprier la réforme pour veiller à ce que son esprit soit respecté, que les dispositions juridiques formelles reflètent ses préoccupations et les réalités dans lesquelles elle vit et que ces dernières soient appliquées. Pour y parvenir de façon efficace, la population doit acquérir un certain nombre de compétences et d’aptitudes, en particulier une bonne compréhension des textes relatifs à la décentralisation.
2.6. Les citoyens du Lualaba doivent avoir une meilleure compréhension des enjeux et de la manière dont ils peuvent participer et intervenir efficacement au niveau local dans les processus de prise de décisions qui affectent leur vie et leurs moyens d’existence.
2.7. Je suis également conscient du fait que la réalisation de cette condition est un défi majeur en RDC car le chapelet de la pauvreté et l’analphabétisme, freine la participation active et informée des populations locales. Là où l’information existe, elle apparaît souvent tintée des discours partisanes et de division pour faire échec au découpage. Ainsi, a court terme, le succès de la province du Lualaba dépend largement de la mesure dans laquelle la population locale constatera qu’elle apporte des avantages tangibles. Étant donnés les niveaux de pauvreté actuels, cette population, qui perçoit les principes de la gouvernance démocratique comme essentiels à l’expression de ses initiatives, veut aussi voir mises en œuvre des mesures concrètes susceptibles de résoudre ses problèmes quotidiens : Installations sanitaires et éducatives inadaptées, alimentation en eau insuffisante, manque d’opportunités en matière d’emploi, de débouchés commerciaux et d’investissement, routes impraticables voire inexistantes, etc.
3. Le mot de la fin ou du commencement ?
Il ne me reste qu’à affirmer que la gestion réussie des nouvelles provinces et spécialement de celle du Lualaba avec comme « capitale » Kolwezi mettra les élus locaux au défi de répondre aux demandes des populations. Elle permettra de mettre en relation directe le besoin social tel qu’il est vécu par le citoyen et la décision politique qui lui répond. Toutefois, je suis conscient qu’une gouvernance locale ne peut être efficace que si les relations avec les autres niveaux de pouvoir sont prises en compte, donnent lieu à des échanges, à des négociations et à des actions de coopération. Le Lualaba n’évoluera donc pas en vase clos. Comme qui dirait l’unité dans la diversité et non dans l’adversité !
Que vive la Province du Lualaba !
Que vive la RDC !
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Dr. Joseph Yav
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- Avocat / Attorney at Law
- Consultant
- Professor (University of Lubumbashi:DRC)
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Africatime
Agence France Presse
Le Democrate Magazine
Prof Joseph, Je ne peux que t’encourager dans ce sens surtout que tu agis dans la legalite. Cependant dans cet elan, nous RD Congolais, devrons comprendre que le decoupage territorial ne soit pas une victoire des etrangers dans la strategie de nous diviser pour qu’ils fassent davantage main basse sur nos richesse! Soyons donc tres prudent. Qu’on entende pas que X province commence a exiger de visa pour les habitants des autres provinces! Eh oui parlons-en maintenant car cela peut arriver. Les nouvelles provinces comme tu l’as si bien dit, doit approcher les administres aux gouvernants, dimunuera l’assiette de predation au gouvernement central et favorisera l’emulation au developpement. Ici, je voudrai saluer Moise Katumbi en passant pour les efforts qu’il ne cesse d’entreprendre pour l’actuel Katanga. Meme si, l’audit de ses operations a la tete de cette province n’a pas encore ete diligente. Puis que, la confiance ne doit jamais exclure les controles. Bonne chance en tout cas dans cette nouvelle orientation. La centralisation a demontre ses limites durant pres de 50 ans surtout si les gouvernants sont des predateurs attitre…
Cher Professeur Katshung,
Ecoute ce temoignage et tires-en les conclusions que tu jugeras utiles. Mpo – pour paraphraseir un ancien chansonnier de Leopoldville – ezwaki moninga, ekoki kokweyila yo. (Trad. Car ce qui est arrive a ton prochain peut arriver a toi aussi).
Lors des dernieres elections nationales, le Professeur Mahania et le Dr Otshudi Mulenda, deux tres valables compatriotes que je connais bien, ont fait ce que tu envisages de faire. Mais ils ont echoue. Les Congolais de Luozi (dans le cas du Professeur Mahania) et ceux du Sankuru (dans le cas de mon confrere et ami, le Dr Otshudi) ont prefere donne leurs voix a des individus que le PPRD, le MLC et d’autres « grands partis » avaient identifies et a qui ces organisations poitiques – soutenus, par ailleurs, par des etrangers, avaient donne des moyens pour acheter les voix des electeurs. Et dire que ces electeurs beneficiaient des magnifiques projets de developpement social que ces deux compatriotes avaient inities et continuaient d’animer le Professeur Mahania a Luozi et le Dr Otshudi au Sankuru. Il suffit de se rendre au Bas Congo et au Kasai pour admirer ces projets. Malgre ces realisations sociales, nos compatriotes ont prefere donner leurs voix a des individus venus les voir a
l’occasion de la campagne electorale. Qu’il soit dit en passant que les compatriotes de Luozi, du Sankuru et d’ailleurs se plaignent aujourd’hui que leurs elus les aient oublies… comme si jamais ils avaeint pense a eux! Ezalaki bongo ekotikala kaka boye. (Trad: c’etait comme cela hier, ce sera comme cela demain… surtout chez nous.)
L’erreur fatale du Professeur Mahania, du Dr Otshudi et de beaucoup d’autres candidats valables c’est
de s’etre presentes comme des independants.
La politique est un jeu. Qui veut gagner doit connaitre les regles et les trucs. La politique est un jeu de compromis: comme au jeu de dames, il faut donner un pion pour pouvoir en raffler deux ou plusieurs; comme au football, il faut accepter de se salir si l’on veut jouer. Pour devenir un bon politicien ou meme un bon diplomate, il faut surtout apprendre a tromper. Le bon buteur est celui qui fait croire qu’il va tirer a gauche, mais il tires droite. Le gardien plonge a gauche et le buteur reussit son penalty. On l’acclame.
Es-tu toujours pret a faire la politique? Si oui, alors vas-y. Mais mets toutes les chances de ton cote. Ne commets pas la meme erreur que le Professeur Mahania et le Dr Otshudi. Integre un parti qui a de fortes chances de gagner. Le choix ne devrait pas poser de problemes dans un pays ou les partis different si peu dans le domaine des idees ou des orientations strategiques. C’est comme
choisir entre Pepsi et Coca. Chez nous, comme partout ailleurs, la politique est un metier salissant. Tout est question de degre. Mais ce n’est pas le seul metier salissant. De plus, la Cite ne peut pas vivre sans la politique.
L’important c’est de promouvoir le plus possible le bien-etre tout en se salissant le moins possible.
Mungu akusaidiya.
Salutations patriotiques.
Dr. Malonga Miatudila
PS: Des naifs et des menteurs pourraient critiquer mes propos, but they will
find hard to prove me wrong.