ET SI LE LEARDERSHIP CONGOLAIS SE TROMPAIT D’ADVERSAIRE…

Les Congolais adressent la plupart de leurs critiques à celui que l’Occident nomme « Joseph Kabila ». Et s’ils l’ont déjà pas tous adopté, ils le désignent du moins sous son nom de code « Joseph Kabila ». Ce qui apparait comme un signe de reconnaissance de leur part et d’adhésion au schéma conçu et imposé.

Pour le designer, certains lui réservent le titre de « président de la république » avec le risque d’élever ce « jeune homme », et si c’est déjà pas fait, au rang d’« acteur » voire de faire de ses ouailles et de lui-même d’adversaires politiques alors que ce monsieur est juste un pion, un bouchon à faire sauter quand ceux qui l’ont conçu le voudront, un manipulé apprenti-manipulateur qui vaut à peine , et ce malgré l’argent et le pouvoir coercitif à sa disposition, ceux-ci sont comme une lame de rasoir entre les mains d’un singe, que le leadership congolais ou ceux qui se considèrent comme tel lui consacrent leur souffle et  leur attention. Il restera à répondre à la question de comment s’y prendre avec lui que beaucoup de Congolais se trouvant encore dans la cave de Platon se posent car « Kabila Joseph » serait leur « président » de la république.

Compte tenu de l’instabilité du personnage, « Joseph Kabila » est à la fois un « chien de garde », qui surveille pour ses « maîtres » leur  propriété, à savoir le Congo-Kinshasa,  et un « os à croquer » que les vrais « acteurs » qui « actent » au Congo, ses « maîtres »,  ont à dessein jeté sous la table aux autres et nombreux candidats « chiens de garde » congolais dont la particularité est de courir après les prébendes et qui sont prêts, comme toujours, à se contenter du peu qui leur est servi en lieu et place de revendiquer la souveraineté nationale du Congo. Faudrait-il s’occuper du chien ou de son maître ou les deux à la fois avec risque d’éparpiller ses efforts et d’être improductifs? Hier, l’Opposition  Congolaise n’avait pas compris que Mobutu était loin d’être l’adversaire ou le seul adversaire. Nous avons tous failli. La preuve est que son maître lorsqu’il n’a plus voulu de lui après l’avoir accusé de rage s’était précipité à en dresser d’autres. L’Opposition Congolaise, s’il en existe, n’accédera pas au pouvoir.

 À ceux qui s’entêteront de voir la réalité sous son vrai jour, nous faisons parler un mort bien que son sort en dissuaderait beaucoup, il s’agit du feu John Fitzgerald Kennedy  qui, s’adressant particulièrement à une race d’hommes, à la « race des seigneurs », disait,  nous citons : « Les problèmes de ce monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques, aux horizons limités par les réalités quotidiennes. Nous avons besoin d’hommes qui puissent rêver des choses qui ne furent jamais et qui se demandent pourquoi », fin de citation. 

Les vrais « acteurs » politiques congolais ou ceux qui voudraient être considérés comme tels sont invités à comprendre que l’adversaire ou leurs adversaires au Congo se nomment l’ « Occident » et d’autres « nouveaux prédateurs »[1] (Colette Braekman), ces « négrologues » d’un genre nouveau, terme emprunté à Stephen Smith[2],  qui se multiplient au fur et à mesure que les fils du pays se montrent achetables et se vendent à un vil prix. « Mboka wana Kongo eza ya biso, eza ya biso ba Congolais », ne cesse de crier une voix féminine sur le site de la radio www.congonetradio.com.   Faudrait-il composer avec l’Occident ou combattre, on nous dira mais avec quels moyens, tous ceux qui viennent en Afrique avec l’intention inavouée de se servir ? Le paradoxe, c’est quand l’Occident et tous les autres prédateurs prônent et défendent l’« immigration choisie », c’est-à-dire extraire de l’Afrique les meilleurs de ses enfants vers d’autres cieux alors qu’ils dépensent de milliers d’argent pour installer et fréquenter la « racaille » qui assombrit l’Afrique et le Congo dans la « misère » et la « maladie »[3], deux maux couramment associés au Continent ?  

Les uns disent qu’il faut composer avec l’Occident car il est plus que puissant et habile. Il n’y a rien à faire. Il en a toujours été ainsi avec les empires, entend-on. Ils  sont gourmands. Ils dominent. Ils s’imposent et malheur aux faibles car dans ce monde la pitié réserve à ceux qui l’invoquent la nature de ceux qu’elle sait leur offrir. Ce défaitisme qui caractérise l’homme congolais pousse certains à baisser les bras, à adopter un discours dit de « réalisme » faute de lucidité et de courage surtout de la part de ceux qui font de la politique alors qu’il existerait une possibilité de forcer la main aux puissants en leur démontrant qu’ils avaient à gagner en composant avec un leadership « visionnaire » dont les deux exigences seraient le respect et la considération. À cette élite congolaise qui croit et est incapable de faire sortir son peuple de la situation de dépendance dans laquelle il se trouve, nous citons le sociologue italien Vilfredo Pareto qui écrit dans Les Système Socialistes, ce qui suit :   « Toute élite qui n’est pas prête à livrer bataille, pour défendre ses positions, est en pleine décadence, il ne lui reste plus qu’à laisser sa place à une autre élite ayant les qualité viriles qui lui manquent. C’est pure rêverie, si elle s’imagine que les principes humanitaires qu’elle a proclamés lui seront appliqués: les vainqueurs feront résonner à ses oreilles l’implacable vae victis. Le couperet de la guillotine s’aiguisait dans l’ombre quand, à la fin du siècle dernier (ndlr: fin XVIIIe donc), les classes dirigeantes françaises s’appliquaient à développer leur « sensibilité ». Cette société oisive et frivole, qui vivait en parasite dans le pays, parlait, dans ses soupers élégants, de délivrer le monde de « la superstition et d’écraser l’infâme », sans se douter qu’elle-même allait être écrasée »[4]   Quant aux autres, ils restent convaincus à l’instar de la reine de Sparte dans le film 300 de Zack Snyder que « freedom insn’t free at all, that comes with the highest of costs,  the cost of blood »[5]. Ceux-là n’ont pas du tout tort car pour eux les dieux invitent souvent à dîner que ceux qui leur tiennent têtes, ceux qui à l’instar de l’Arabe Tariq Ramadan décident de parler leur discours et osent relever la tête en se conduisant à leur tour comme les dieux aiment se pavaner au regard des autres. Cette race est loin d’être congolaise. Il faut arriver à « dissuader » les maîtres en équilibrant ou renversant le rapport de forces. Tout dépend. Le maître lâchera son « chien de garde ». Et celui-ci une fois en errance parce que sans maître sera cueilli alors qu’il s’attendait le moins. « Joseph Kabila » est attendu au tournant.  Mufoncol Tshiyoyo


[1] Colette Braekman, 2003. Les Nouveaux prédateurs, éd. Fayard

[2]Négrologie : pourquoi l’Afrique meurt, éd. Calmann-Lévy, 2003

[3] Dans son discours prononcé juste après son élection, le tout nouveau président français, Nicolas Sarkozy a dit, nous citons,  ”nous allons aider l’Afrique à sortir de la misère et de la maladie”, fin de citation. L’Afrique serait-elle synonyme de la « maladie » et de la « misère », c’est juste une question que l’on se repose !

[4] http://www.labyrinthe.fr/labyrinthe/vilfredo-pareto.htm

[5] La liberté n’est pas du tout libre. Son coût est élevé, celui du sang. (Notre traduction)