On nous parle souvent, nous autres Congolais, d’une étude sociologique que les Belges auraient réalisée sur les différentes ethnies ou populations du Congo. Ce qui leur aurait permis de dégager, semble-t-il, les caractéristiques et autres vertus de différentes tribus peuplant le Congo. L’ensemble des connaissances acquises du vécu quotidien de ces peuplades accordèrent un avantage à ces « empoisonneurs »[1] d’un autre genre qui parlent « d’espoirs supraterrestres »[2] à ceux qu’ils étaient appelés à gérer, à maîtriser, à manipuler et à instrumentaliser, c’est-à-dire les Congolais. A leurs yeux, cet homme autrement appelé « Noir » ne serait qu’une proie à leur merci. On aurait souhaité, et on l’exige de la part de nos ethnologues, nos sociologues d’entreprendre les mêmes travaux qui renseigneraient aux congolais ce que sont ces Belges, ces Flamands, Wallons et autres peuples de ce monde qui rodent tout autour du Congo. Cela aiderait beaucoup la lutte de libération. Amadeu Altafaj, ce nom ne sonne pas belge même si l’homme à travers son parlé et son accent se rapprocherait de ceux des Belges. Mais pourquoi tous ces messieurs ont la fâcheuse tendance de croire que tous les Congolais seraient de l’acabit du fils de Kabila et d’autres qu’ils leurreraient à volonté ? Sur le site de Congonetradio, Monsieur Amadeu Altafaj, aux accents dominateurs, considère ses auditeurs Congolais comme ces grands enfants auxquels fait allusion l’écrivain tunisien Albert Memmi dans son ouvrage Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur.
Monsieur voudrait faire croire aux Congolais que sa lecture de la situation du Congo devrait être correcte et non celle du citoyen congolais Lambert Ngoi, qui est congolais de naissance et universitaire de surcroit, c’est-à-dire à même de comprendre et d’interpréter ce qui se passe dans son propre pays, d’en faire sa propre religion. Mais Amadeu Altafaj, au nom de Louis Michel, a préféré « prendre distance », le terme est de lui, des propos d’un compatriote congolais. Il semblerait, d’après lui, que les remarques de Ngoi seraient d’ordre d’hypothèse. Pour Amadeu Altafaj et ses amis, le Congo du fils de Kabila serait « un pays démocratique » pour la bonne et simple raison que la « foule » aurait voté sur ordre des bailleurs de fonds, de l’ONU, « ce machin »[3] et de l’Union Européenne, « la puissance étrangère qui fournissait les guides »[4] , une marionnette à la tête de ce pays. Mais ils ont, dit- on, organisé les élections, payées de leurs poches ! Faudrait-il attribuer la faute à Monsieur Amadeu Altafaj quand ceux de congolais qui savent et peuvent se taisent ou se font complices par leur silence de bourreaux. Amadeu Altafaj insulte et provoque les Congolais lorsqu’il ose affirmer dans son interview que ce pays, son Congo tel qu’il l’a souhaité avec ses amis Louis Michel, serait dirigé par une représentativité démocratique, telles que le parlement, le sénat et Gizenga comme exécutif. Nora-Alexandra Kazi-Tani de l’université d’Alger, citant lui-même Seydou Badian, auteur de l’essai Les dirigeants africains face à leur peuple répond dans un texte intitulé « Pour un nouveau discours africain[5] » que « le changement espéré n’est qu’un changement de surface : les pays africains possèdent à présent , « un Président de
la République, une Assemblée Nationale, un hymne, un drapeau et des ambassades africains » mais les mots porteurs des rêves les plus chers comme « liberté » ou « progrès » renvoient, dans la réalité , à peu de chose », fin de citation. La liberté a un prix. On meurt pour elle. L’histoire de l’Occident est un bel exemple.
Amadeu Altafaj dit aux Congolais que c’est à vous à gérer votre pays, c’est à vous à décider sur l’avenir de votre pays, mais par des voies diplomatiques par préférence. On pourrait lui rétorquer « préférence », le mot est de lui, de qui ? Un mot de trop qui atteste que les « nègres congolais » sont loin d’être libres. Si le fils de Kabila et celui de Bemba, ce dernier tolère pour des raisons que l’on connait « la monarchie Kabiliste » et ce genre de « discours », Amadeu Altafaj doit comprendre que les Congolais ne ressemblent pas tous à celui qu’ils appellent « Joseph Kabila ». Dans son discours, il ne témoigne aucun respect à l’homme et au peuple congolais. L’argument souvent répété de la part de ceux qui gouvernent le Congo actuel et de « la puissance étrangère qui fournissait les guides » se résume en un seul mot : l’argent. L’Occident a dépensé énormément d’argent pour que les « Nègres » que nous sommes « élisent » leur fils Kabila et reconnaissent Jean Pierre Bemba comme son leader d’opposition institutionnelle. Que valent la vie, la dignité, de l’homme congolais face aux bénéfices que l’Occident attend tiré de son argent investi en ces poulains ? Ils ont mis en place un pouvoir en la personne de « Joseph Kabila » et un contre pouvoir en la personne de Jean Pierre Bemba. Il faut cesser d’être dupe. Les Congolais doivent cesser de pleurnicher. Ils doivent cesser d’être complaisants. Adaptons comme il se doit les stratégies de combat car demain risque d’être trop tard. C’est Abraham Lincoln qui disait : On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.
Mufoncol TshiyoyoPrésident du Rassemblement pour l’Alternative politique en RDC, R.A.P. en sigleMufoncol_tshiyoyo@yahoo.com004796695099
[1] Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, un livre pour tous et, un livre pour personne, Edition du groupe ”Ebooks libres et gratuits”, p.15
[2] Ibid.
[3] Propos de De Gaulle Ecarté de la conférence de Yalta après
la Seconde Guerre mondiale, le général affubla l‘ONU du beau nom de Machin
[4] Sony Labou Tansi, 1997,
La Vie et Demie, Paris, Editions du Seuil, Coll. Points, p.177
[5] Kazi-Tani, ”Pour un nouveau discours africain”, in Samba Diop (ed.), 2002, Fictions Africaines et Postcolonialisme, Paris, L’Harmattan, p. 37
Africatime
Agence France Presse
Le Democrate Magazine