Maintenant que Jean Pierre Bemba a dévoilé son jeu, que l’homme s’est rendu à Canossa, que devrions nous dire à nos morts, à Bapuwa, qui s’est offert plume à la main pour le triomphe d’une vérité à laquelle il a cru, à Bosange Yema, un autre journaliste fauché par le « kabilisme », que devrions nous raconter aussi aux soldats du MLC dont les familles et enfants ont été brûlés vifs en pleine journée à Kinshasa, que dire à tous ceux qui ont cru en Jean Pierre Bemba, à tous ces cancrelats au nom de qui nous nous faisons le porte parole « au tribunal des poules » ?
Jean Pierre Bemba parle de faire de l’ « opposition républicaine » à cet homme nommé Kabila. Laquelle fut reprochée à Tshisekedi face à un pouvoir arbitraire. La démocratie est de loin d’être une valeur comprise et partagée par le clan Kabila et ses parrains qui l’ont imposé aux congolais au mépris de tous principes démocratiques. Ce qui apparaît comme la démission de Jean Pierre Bemba sonne à l’oreille comme une conspiration, une lâcheté, une honte pour un peuple qui se complait dans la souffrance. Oui, nous avons honte d’être congolais. « Shame on you » !
Mais pourquoi seulement nous, les Congolais, qui devrions tout accepter, tout tolérer et patienter pendant que les autres vivent et écrivent leur histoire à laquelle ils nous associent à peine. Qui parlera au nom de tous les Congolais? Qui sauvera le Congo de la dérive Kabila ? La lecture de la Bible « chrétienne » révèle une réalité que l’on ne dit toujours pas : le sang a valeur de libération. Il est vrai que nous ne pouvons pas nous comporter comme Dieu, le père, mais il a ,selon cette lecture, décimé des générations par le déluge de Noé en signe de repentance pour avoir crée « l’homme pécheur ». Dieu a fait couler du sang. Il en est de même des villes comme Sodome et de Gomorrhe qu’il a détruites pour cause de péchés. C’est à Moïse, alors qu’il venait de tuer un égyptien, c’est-à-dire qu’il a versé du sang humain, que Dieu a confié la mission noble de faire sortir les enfants d’Israël d’Egypte. Plus tard, le même Dieu engloutira bon nombre d’armées égyptiennes dans la mer rouge pour libérer les enfants d’Israël de leurs geôliers. C’est au prix du sang qu’il a construit et bâti le nouveau monde. Il a donné son fils unique Jésus Christ et l’a sacrifié pour que son sang rachète son peuple. Quelle est la valeur du sang pour un peuple prisonnier, « désabusé », aux abois ? Le peuple Congolais a tout essayé, il a patienté et dans sa patience, il a tout enduré. Les palestiniens, comme les juifs d’Israël se battent chacun pour ses droits et sa terre. Ils meurent comme meurent des vrais hommes qui écrivent leur histoire. L’Occident que tout le monde envie aujourd’hui, quand on voit des bateaux qui ne cessent d’accoster avec ces images qui rappellent toujours « ces nègres » affamés, a versé du sang et il n’a jamais hésité lorsqu’il est question de sa survie. Toute l’histoire de l’Occident tourne autour du sang : 1776, 1789, 1861, les différentes guerre des religions, la colonisation, l’esclavagisme, les guerres de Napoléon, Léopold II au Congo, la première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, la guerre du Golf 1 et 2, les exemples sont légions. Par contre, les congolais attendent que la manne leur tombe du ciel, que les autres aient pitié d’eux, qu’ils leur donnent l’autorisation de vivre alors que leur devoir est justement de se battre pour assurer ne fut ce que leur survie. Le temps de mourir pour le Congo, pour la terre Congo a sonné. Il faudra savoir répondre à cette question, quelle nation, quel pays, nous allons léguer demain à notre progéniture, après nous ? A l’instar de Victor Hugo dans Les Châtiments, nous nous adressons aux Congolais en leur disant que: « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C’est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! Les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans vivre »
Kabila au pouvoir au Congo est un casus belli. Les Congolais doivent apprendre à payer le prix, le vrai prix de leur libération. C’est à ce prix- là seulement que nous mériterons de la patrie, de la considération et du respect des autres. Contrairement à ce que Chirac a toujours dit, nous affirmons que « la démocratie n’est pas un luxe », mais elle apparaît comme un gros mensonge pour imposer aux « nègres » que sont les Congolais, des pions manipulables à dessein de la trempe d’un certain « Kabila ». Mufoncol Tshiyoyo
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