Analyse et Réflexion politique:VOICI POURQUOI LA MONUC DOIT QUITTER LA RDCONGO

La mission de l’Onu au Congo, la Monuc fut crée par le conseil de sécurité des nations unies. A la suite de cette première résolution, beaucoup d’autres en prolongeront la durée  jusqu’à celle de l’année passée qui va expirer au cours du mois de mai prochain.  Au fil du temps, son mandat a évolué. A ce jour, elle a reçu mission claire de protéger les populations civiles et ce, sur base du chapitre7  de la charte des nations unies sur les forces de maintien de la paix. Ce chapitre accorde aux forces de l’Onu le droit et les moyens d’user de la force c.à.d. des armes en leur possession pour stopper, voire annihiler toute menace contre les populations civiles.Cet énoncé nous permettra dans le développement d’appréhender le niveau de responsabilité de cette mission dans la situation actuelle en rdcongo.

Mandat

Comme vous le savez cette mission s’est déployée en RDC depuis 1999 et cela n’a pas empêché que notre pays soit tristement connu comme le pays des crimes les plus ignobles depuis la première guerre. Les esprits les plus pervers ont  eu à expérimenter toutes sortes d’atrocités sur les populations civiles congolaises.  Des chiffres macabres sont connus et sont même devenu, sans gène, sujet de polémique ! Nous n’y reviendrons pas.

Lorsque les nations unies, par le conseil de sécurité, ont accordé à la mission le mandat de protéger les civils congolais, il s’agissait de TOUS les civils. Non pas ceux de l’Ouest et non ceux de l’Est, ni ceux du Nord et non ceux du Sud. Mais qu’avons-nous vu sur le terrain ! ?

A plusieurs reprises, la Monuc s’est illustrée par une indifférence frappante devant les massacres des populations dans le grand Kivu. Inutile de citer les villages brûlés, les viols collectifs, les recrutements forcés des enfants dans les milices, …Le dernier en date est le massacre de kiwanja devant les forces de l’Onu lors de la progression de la milice de Nkunda vers la ville de Goma dans le nord Kivu et des milliers des congolais en province orientale  par les ougandais.

Que dire des victimes tombées en pleine capitale lors de la bataille entre les fardc de Kabila et de Bemba ! Je me rappelle encore du massacre des civils dans la province du bas Congo par la garde personnelle de Kabila. Tout ça, chers amis, n’a nullement amené la mission de l’Onu à intervenir.

Finalement, lorsque l’on parle des millions des morts congolais, il est important de préciser que ces compatriotes civils ont été fauchés sous les yeux des forces venues avec mission de les protéger. On appelle cela faillir à sa mission.

La Monuc : Nouvelles garde présidentielle au Congo !

En même temps que les forces de l’Onu laissent les civils congolais se faire tuer soit par les forces régulières, soit par divers mouvements étrangers basés à l’Est du Congo, elles sont prêtes à se mobiliser en un court moment lorsqu’il s’agit de venir en aide à un régime politique honni  et désavoué par la population congolaise.  Quand la Monuc laisse faire les forces de Kabila contre la population civile à Kinshasa et dans le bas Congo, il s’agit là d’un soutien tacite et donc d’une forme de complicité avérée pour massacrer et terroriser des paisibles citoyens.      C’est un crime. De même, lors des élections générales de 2006, cette même mission de l’Onu n’a eu rien à redire sur la période pré électorale, électorale et post électorale. Et pourtant !

De même, lorsque des compatriotes se lèvent contre le régime de Kinshasa, comme on l’a vu dernièrement dans la province de l’équateur, la monuc se rappelle de sa mission de protection des civils et se rue sur les compatriotes congolais pour sauver le régime de Kabila. Nullement les civils ont été ciblés depuis le début de l’insurrection. Il faut souligner que tout le monde reconnait la discipline et l’ordre qui règne dans les rangs de ces forces de changement parti de Dongo. Même Colette Braeckmann l’a reconnu !  Dès l’accalmie revenue dans la ville de Mbandaka, la population a témoignée de l’indiscipline qui a plutôt caractérisée les forces gouvernementales qui ont  visé des habitations civiles, pillées des commerces privés. Alors, sur base de quel mandat la monuc a engagée des combats contre les congolais venus dénoncer le régime répressif et incompétent de Kinshasa ? Sur base de quoi les forces de l’Onu peuvent intervenir dans les affaires intérieures d’un état indépendant ? D’autres questions se bousculent dans notre tête, mais on s’en tiendra à celles-ci.

Et si la demande de Kinshasa n’était qu’un stratagème ?

Comme vous le savez, Kinshasa se repose à 90% sur l’organisation des nations unies à travers la monuc qui dispose d’une organisation, des structures et surtout d’une logistique sans égale pour le maintien de la paix sociale et la sécurité des populations et du territoire. Ce n’est plus un secret, l’état congolais a failli. Nous venons de démontrer le soutien crucial dont bénéficie le pouvoir congolais de la part de cette mission. Dans ce contexte, nous trouvons suspect la demande pressante de voir cette mission salvatrice pour le pouvoir quitter le Congo. Surtout lorsque cette demande émane de ceux là même qui en sont les premiers bénéficiaires. Ici, nous avons voulu nous creuser les méninges pour voir plus loin que ce que l’on veut nous faire voir.

Tenez. Le régime de Kinshasa est parfaitement au courant de son rejet par une grande frange de la population et de l’élite congolaise. Le mandat de la monuc doit normalement expiré au cours du mois de mai prochain. Aussi, voici notre hypothèse :

-          Kinshasa fait semblant d’exiger, avec force, le départ définitif de cette mission de l’Onu ;

-          La monuc fait mine d’engager un bras de fer et s’oppose indirectement à son départ  sous divers prétextes ;

-          L’opposition politique et la population, suspectant le régime Kabila d’avoir des pensées obscures sur les élections à venir, se lèvent et  réclament le maintien de cette mission onusienne ;

-          A la fin, le mandat est reconduit après quelques  retouches. Le tour est joué !

Kabila aura obtenu le maintien d’un allié de taille qu’est la monuc et ce, la cerise sur le gâteau, avec le soutien de l’opposition politique qui, en quête d’une quelconque victoire contre le régime, pensera avoir gagné une bataille !

La Monuc doit partir : Non pas pour plaire à Kinshasa, mais :

-          Parce qu’elle a failli à sa mission et ce, depuis une décennie ;

-          Parce qu’au lieu de protéger les populations civiles contre les exactions et la répression du régime Kabila, elle s’est muée en garde du pouvoir rejeté par la population ;

-          Parce qu’elle ne répond plus à la condition de neutralité exigée à une force de maintien de la paix, car étant devenue partie prenante à la crise politique congolo-congolaise ;

-          Parce qu’elle n’est plus en mesure d’assurer un déroulement apaisé et sain des élections de 2011  en amont et en aval.

Qu’ils tombent seuls dans leur piège !

Suite à ce raisonnement, je propose que non seulement on accepte le départ de la monuc, mais surtout que l’opposition politique, la société civile ainsi que toute l’opinion congolaise exigent  le départ pur et simple de cette mission sans responsabilité morale ni politique.

Nul n’a le droit d’imposer à un peuple des dirigeants qu’il ne veut pas.  Même pas l’Onu.

Et là, nous verrons comment le régime Kabila s’en sortira sans ses béquilles onusiennes.      En toute légalité, le constituant a reconnu aux citoyens congolais le droit et le devoir de se débarrasser de tout pouvoir inique qui s’accroche au pouvoir par des moyens fallacieux.

Aussi, nous appelons aujourd’hui  au départ de la monuc et que les congolais reprennent leur destin en mains. Cela en commençant par doter la république des dirigeants compétents, visionnaires et animés des convictions fortes de liberté et d’égalité pour tous, de développement intégré, de rigueur et de modernisme dans la conduite des affaires publiques. Ainsi, nous quitterons l’obscurité pour pénétrer dans une nouvelle ère, celle de la lumière et d’espoir pour tous.

Je vous remercie.

Michel Moto Muhima

Acteur et Analyste Politique.

Comments

  1. jonas muzalia dit :

    ce assez, lONU doit repondre de ces exaction conforment aux missions lui assignees par ses etats membres, la personne humaine etant sacree.
    jonas, etincellesucb@yahoo.fr