280 millions pour la coopération belgo-congolaise

(Le Soir )

280 millions pour la coopération belgo-congolaise

La Belgique et la République démocratique du Congo ont conclu un nouveau « Programme indicatif de Coopération » définissant les priorités de leur coopération bilatérale pour les quatre prochaines années. Santé, agriculture, communications, formation technique et professionnelle figurent parmi les priorités. Une évaluation est prévue à mi-parcours. Ce PIC 2010-2013 sera doté d’au moins 280 millions d’euros, a indiqué le ministre à l’agence BELGA, nuançant les chiffres cités par la presse kinoise, qui fait état de 400 millions d’euros, et soulignant qu’une évaluation est prévue à mi-parcours, notamment en matière de bonne gouvernance.

Au cours des quatre prochaines années, la coopération belgo-congolaise mettra l’accent sur quatre priorités déjà définies en avril dernier lors d’une visite de M. Michel à Kinshasa, au sortir d’une grave crise diplomatique entre les deux pays : l’agriculture, les communications (pistes et bacs), la formation technique et professionnelle ainsi que des « actions ciblées dans le domaine de la santé ».

Le PIC a été signé lundi 21 décembre dernier à Bruxelles en toute discrétion par le ministre de la Coopération au développement, Charles Michel et par son homologue congolais de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda Ntunga Mulongo, à l’issue d’une réunion de la commission mixte belgo-congolaise.

Il sera doté de 75 millions d’euros les deux premières années (2010 et 2011), a souligné M. Michel.

Augmenter l’enveloppe
Une évaluation sera alors menée à mi-parcours pour voir « si on peut élargir l’envoloppe » pour les années 2012 et 2013 sur base de quatre critères : le climat des affaires, des objectifs de gouvernance et de bonne gestion macro-économique selon les normes du Fonds monétaire international (FMI) et le déroulement des élections générales prévues en 2011 en RDC, a expliqué le ministre.

« On (la Belgique) s’engage à augmenter l’enveloppe si les quatre critères sont remplis », a-t-il ajouté.

« C’est la première fois que l’on lie » ainsi l’octroi de l’aide publique au développement à des exigences en matière de bonne gouvernance, a souligné M. Michel.

« Ce programme assoit les bases d’un nouveau partenariat de coopération à la hauteur des relations privilégiées entre la Belgique et la RDC. Ce nouveau programme augmente les moyens de notre coopération bilatérale de 65 millions d’euros par an dans le précédent PIC à 75 millions d’euros par an », a précisé son département dans un communiqué.

Efficacité plutôt que diversité
« Le soutien de la Belgique pourra être renforcé, pour les deux dernières années, si des avancées concrètes dans le domaine de la gouvernance démocratique et financière sont constatées », ajoute le texte.

La Coopération belge a également la volonté « d’accroître l’efficacité de l’aide en réduisant le nombre de secteurs d’action » à trois, ainsi qu’à « un nombre d’actions ciblées dans le domaine de la santé seront poursuivies jusqu’à la sortie totale de ce secteur ».

L’actuel PIC belgo-congolais était doté d’un montant de 195 millions d’euros pour la période 2008-2010, soit 65 millions d’euros par an. Il ne sera toutefois pas mené à son terme, les deux parties ayant convenu en début d’année d’anticiper la renégociation – et la signature – de son successeur, à la fin d’une énième crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa.

Les relations entre les deux pays avaient été plongées de mai 2008 à janvier 2009 dans une crise profonde, à la suite de propos tenus par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Karel De Gucht, sur la corruption en RDC.

M. Tshibanda, cité par l’agence congolaise de presse (ACP, officielle), a affirmé que la signature de ce PIC est non seulement le couronnement des grandes orientations arrêtées par les chefs des deux gouvernements dans leur déclaration commune du début de l’année 2009, mais aussi confirme « l’avènement d’une ère réellement nouvelle dans les relations de coopération belgo-congolaises fondées sur le respect mutuel des partenaires ».

(D’après Belga)

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Comments

  1. Lokuli lomponho Albert dit :

    Jusqu’à quand notre cher pays continuera à dépendre de l’aide extérieure. Hier, c’est la Chine qui a débloqué de l’argent pour notre pays et aujourd’hui, c’est la Belgique. Qui donnera demain?
    Il est important de dire au peuple que donnera-t-il en contre- partie?
    Car, j’estime que cet argent n’est pas donné gratuitement, il doit y avoir de contre-partie certainement.
    Le peuple congolais doit le savoir. Malheureusement, il n’a pas des vrais représentants capables de poser cette question à ceux qui le gouvernement.
    Et pourtant, c’est la génération future qui payera ces dettes.
    A titre d’exemple, jusqu’à présent, l’on continue à payer les dettes contractées par le régime du défunt Mobutu.
    Si notre pays continue à vivre de l’aide extérieure, elle ne sera pas jamais indépendante.
    Il sera toujours l’objet d’immixion étrangère dans ses affaires internes.
    Comment Karel De Gult peut -il garder silence devant ce qui se passe en RDCongo, quand il sait que l’argent de son pays fait fonctionner ce pays.
    Pourquoi ne dit-on rien aux pays comme la Libye, la Chine, l’Arabie Saoudite par exemple?
    N’oublions pas que la main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoît, comme l’a dit le président Wade du Sénégal.
    N’oubions