Archive for avril 2008

Le regard de l’autre

Je ne suis ni « NOIR », ni « Nègre » et vous,  non plus,  n’êtes « Blanc » !  

Le regard de l’autre est pénitence
Le regard de l’autre est impertinence
Le regard de l’autre est venin
Loin de soulager, il s’octroie le droit de rendre ridicule,
Il offense.

Ce  regard parle un langage insolite, contraire aux fonctions de sa nature à la rencontre d’un semblable. Et même s’il est  vrai que le regard , de par sa nature, s’interdit l’hypocrisie, il se gêne par contre d’exprimer son dédain face à une cible potentielle.  

Mais le regard de l’autre est loin d’être sensible au bon sens
Il ne prend en compte le trouble qui émane de l’autre,
Qui s’en soucie, à force de faire semblant de ne pas le voir
présent ou pas, d’ailleurs peu importe sa présence non souhaitée !
Le regard du voisin, notre semblable, celui de celui qui toise
l’autre est plein de préjugés. 
 

Des fois,  celui qui est regardé s’entend dire dans son for intérieur, mais pourquoi ce regard l’interroge,  pour qui se prend-il pour  s’autoriser cette vue d’en haut, prendre une
dimension souvent injuste, pas méritée car n’importe qui dans ce monde
se permet de la hauteur au nom d’une liberté qui fait école ailleurs.  

Le comble est que celui qui regarde l’autre  ne sait lire son propre regard faute d’un miroir pouvant lui renvoyer son image  même si son discours exprime son effort de ne point se trahir mais son regard dévoile son double jeu, un regard ne se trahit pas, il exprime ce que le discours refuse d’entériner, ce qu’il aurait souhaité caché, mais que le regard, le sien, n’arrive point à masquer.
Son regard l’accuse et avertit l’autre de l’intention de son regard, qui
est souvent évasif, qui éloigne et se prolonge des fois longtemps
même quand l’autre n’a rien de curieux sur lui, si ce n’est ce que
son regard considère être la couleur de sa peau. 

Je ne suis ni « NOIR », ni « Nègre » et vous,  non plus,  n’êtes « Blanc » !  

Du coin de ses origines, celui qui est regardé ne se souvient nullement de s’être
interrogé sur la couleur éventuelle d’une peau. Ce n’est pas qu’il ne sait point se servir de son regard, mais l’idée même d’y consacrer son temps a rarement  traversé son esprit de
se définir par rapport à ce que le regard de l’autre veut qu’il admette
qu’il est : « Noir ». Curieux qu’il en soit ainsi que c’est le regard de l’autre qui lui demande de  se justifier , c’est le regard de l’autre qui insiste, qui le pousse par des procédés à peine voilées  à s’interroger sur ce
qui parait être sa faute, sa maladie chronique, celle de porter une
couleur que ce regard a du mal à reconnaître. 

Et même si l’autre accepte les attributs qui lui sont reconnus par ce regard pour échapper souvent  à sa méchanceté ou complaire à ses caprices, il n’échappe pas pour autant à l’objectif poursuivi par ce regard qui en insistant cherche plutôt à e châtier, à décourager, à lui voler  sa façon d’idéaliser le monde.Mais où se situerait la différence entre le regardé, le méprisé, celui dont le regard méprise et celui qui porte son regard sur l’autre, toutes les réponses fournies de nos jours ne satisfont une curiosité qui demeure constamment aiguisée ; de quelles différences parle-t-on : ,
- du moment que l’on sait que le regardé mange comme celui qui regarde en ouvrant sa bouche
et en mâchant sa nourriture,
- du moment que l’on sait qu’il boit comme lui en laissant couler
l’eau ou du lait à travers sa gorge,
- du moment que l’on sait que le regardé court des fois plus vite que celui qui regarde et
très souvent pour le  plaisir de son semblable, il lui sert d’objet de distraction,
qui lui apporte joie et repos, mais il n’est jamais un concurrent accepté,
- du moment que l’on sait que le corps du regardé prend la même position  en se couchant
 que  le corps de celui qui regarde: allongé et yeux fermés,
- du moment que l’on sait qu’il n’ existe ni maître ni esclave dans le
monde de l’intelligence et du savoir. Et que devant la mort,
l’humain connaît le même sort et connaît la même mort. 

Je ne suis ni « NOIR », ni « Nègre » et vous,  non plus,  n’êtes « Blanc » ! 

Avant que le regardé ne puisse apprendre à parler la langue de celui qui le regarde,
il admettait à force de ne pas comprendre le langage parlé et écrit de l’autre qu’il existerait
bien une différence entre l’autre et lui, mais depuis que le regardé s’exprime dans la langue de l’autre, il découvre à travers cette
lecture que  celui qui le regarde, son semblable, est loin d’être véridique,
ils sont souvent divisés qu’ils ne l’admettent,  opposés les uns aux autres et  se
jalousent surtout mutuellement alors qu’ils vendent  une image mensongère d’union, d’un tout et
d’ensemble. 

Malgré tout cela, le regardé cherche toujours à comprendre le pourquoi de l’acharnement  de l’autre à  ce qu’il reconnaisse d’être ce que lui pense  qu’il est, qu’il accepte  la peau que son regard  lui attribue,  sa couleur que son regard affirme être « noire » et de là pousser  à reconnaître sa « négritude ». 

Mais c’est quoi la « négritude » ? Les ainés ont affirmé malgré eux qu’elle était « une somme d’expériences vécues qui ont fini par définir et caractériser une des formes de l’humaine destinée telle que l’histoire l’a faite : c’est une des formes historiques de la condition humaine » (Aimé Césaire, 1955, réédition 2004 : 81). Mais la condition humaine est loin d’être « l’homme ».  Elle peut bien déterminer les caractéristiques actuelles de la vie de celui qui croupit sous ces conditions mais ne jamais définir la nature humaine de l’homme.  

Je ne suis ni « NOIR », ni « Nègre » et vous,  non plus,  n’êtes « Blanc » !  

Si les aînés, Senghor, Damas, Césaire se sont donnés la peine de
développer des théories pour justifier leur négritude et plaire
ainsi aux « souverains », la génération actuelle et celle du futur
refusent d’être noires et nègres et n’admettent pas non plus que les
autres soient blancs. « Je ne suis ni noir, ni nègre et vous, non plus,
n’êtes blanc » est le cri d’un homme à la recherche de ceux de
son espèce : violet, bleu, gris ou vert. Le monde tel qu’il est, tel
qu’il apparaît est une œuvre commune. Il est métissé.
Écrit par Mufoncol Tshiyoyo, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche,
ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du
désespoir », Aimé Césaire

La “Diaspora Congolaise”, le Clan Kabila au pouvoir et les “Mobustistes” courtisent et se disputent tous les faveurs d’un même maître: L’Occident …

Peut-on « libérer » un peuple, conduire un peuple à sa propre libération lorsque le leadership à sa tête  demeure « aliéné », « dépendant » et quémandeur de   l’aumône auprès des faiseurs des princes en Afrique ? Le leadership « congolais, de l’intérieur comme celui basé à l’étranger  souffre du mythe de l’Occident et de « l’homme blanc ».  Non seulement que l’Occident a fait et défait Mobutu, il a en plus fait et défait le défunt Laurent Désiré Kabila, et ce malgré sa tentative d’émancipation bien que tardive qui lui a naïvement couté sa vie ; cette dernière démontre les limites de cette méthode « collaborationniste » alors qu’elle est adulée par la classe politique congolaise ou son élite en général.  L’Occident ou sa cellule de faiseurs des princes en Afrique a aussi fabriqué Paul Kagamé du Rwanda et a imposé l’ordre « tutsi » actuel régnant  au Congo. Ceux qui veulent et cherchent à renverser le « pouvoir » de celui que l’Occident a pompeusement baptisé de nom de «Joseph Kabila » sollicitent ses faveurs à leur tour, quémandent sa pitié, implorent son indulgence en se présentant dans la peau de meilleurs chiens de garde à même d’assurer la garde de la maison du maître : le Congo. Ils ne se gênent pas non plus de frapper à la même porte, à laquelle s’est adressée Joseph Kabila  et ce au nom de ce qu’ils appelleraient leur «réalisme en politique ».  Par ce geste,  ils font preuve de leur subordination, ils étalent leur statut de sous-homme incapable de se dépasser et d’inventer autre chose que ce que le maître a toujours voulu entendre : une musique  bien à son goût, un air du déjà entendu, quelque chose du déjà vu qui déterminerait la nature qui serait celle de l’élite « congolaise » qui aurait fait écrire à un recteur de l’université norvégienne en retraite que « l’homme africain ne serait pas encore prêt pour se gouverner ».

 Au Congo, le clan au pouvoir passe la durée de son  temps à visiter et à recevoir des ambassadeurs et autres personnels d’ambassades accréditées au Congo.   La violence des images de la télévision locale dévoile le genre et la nature du pouvoir en place.  À l’étranger, l’élite dite de la diaspora coopère et participe à l’écriture des textes et soumet des solutions de sortie de crise congolaise aux occidentaux qui non seulement doivent les approuver mais détiennent le dernier mot.  Qui a fait partie du panel d’experts qui ont rédigé le projet constitutionnel qu’un autre congolais en la personne d’Olivier Kamitatu est venu défendre en Belgique ? On y trouverait  notamment des noms de genre  de Kabamba qui serait un congolais naturalisé Belge. 

On apprend ici et là que telle femme de la diaspora congolaise a rendu visite à untel ou un tel autre ministre ou qu’elle a été reçu auprès de tel ou de tel autre ministère ou encore par des ambassadeurs d’autres pays européens accrédites en Belgique, en France, aux USA, en Chine et patati patata et dont les collègues sont reçus au Congo par le pouvoir en place.  On apprendra aussi que tel homme politique congolais qui vit à l’étranger  a déjeuné avec les mêmes ambassadeurs des puissances qui ont placé et soutiennent le régime Kabylo – lumumbiste-mobutiste au pouvoir à Kinshasa.  Comment peut-on prétendre « libérer » un peuple du joug de la domination et de la dépendance en poursuivant la même démarche que celle de ceux qu’ils disent combattre et chasser de pouvoir ?  Ils frappent ou mangent à la même enseigne mais pour obtenir quoi ? Que les maîtres chassent  le « conglomérat d’aventuriers »  qu’ils ont  pourtant réussi à installer au pouvoir à Kinshasa après que ce dernier ait fait des concessions portant préjudice au peuple congolais et au Congo pour  les remplacer par les nouveaux  membres de la diaspora congolaise qui seraient à leurs  yeux, (mais aux yeux de qui ?), les mieux « qualifiés » à défendre  les intérêts du maitre qui seraient  compatibles ou en accord avec ceux des congolais luttant pour la réappropriation de leur devenir ? 

 On a entendu l’un des membres de cette diaspora congolaise aduler la « suprématie » occidentale,  que ne conteste pas l’intellectuel arabe Tarek Ramadan mais cela ne l’empêche de  poursuivre son combat au nom de tous les siens.  S’il on est incapable d’inventer l’avenir pour les Congolais, de mériter le nom d’Homme,  il serait vain de crier aux voleurs, de chercher à faire ce que les Kagamé et compagnie font ou ont fait au Congo et au Rwanda.  Ne serait-ce pas  déshabiller Saint -Paul pour habiller Saint- Pierre ! Que pourrait espérer ou attendre le peuple congolais d’un leadership aveuglé et aveugle en passe de rééditer toujours  l’histoire ? Pourquoi et comment faisons-nous toujours de la mauvaise lecture ?  Pourquoi et comment ne veulent-ils pas comprendre que celui qui finance ne se complait pas à regarder  ce qui est bon pour qui mais c’est quoi ils gagnent pour vivre comme il entendrait ? Que pourrait- elle offrir à l’Occident, cette diaspora congolaise,  qui serait contraire de ce que l’Occident obtient déjà ou sait obtenir de Paul Kagamé ou de Kabila et encore à moindre frais, au prix du sang de ceux qui ne méritent pas de vivre tant qu’ils resteront soumis ou esclaves.  Les maîtres  ne se sont jamais plier ou ne le seraient jamais tant qu’ils ne se sentiront pas menacés ni directement ni indirectement.  C’est  révoltant lorsque l’esclave règle sa propre libération en des termes voulus et acceptés  par les maîtres.  Et que dire des indépendances octroyées à l’Afrique ?

Mais quand  le leadership congolais s’adressera aux Ivoiriens, à Laurent Gbagbo qui a su résister à  Jacques Chirac et à Koffi Annan ? Quand s’adressera-t-il aux Maliens, à Alpha Oumar Konaré ou à ATT,  aux Tchadiens et autres Sénégalais, aux Congolais d’en face, aux Soudanais, aux Angolais  bref quand parlerait-il le langage de l’Afrique à l’Afrique en africanisant la lutte congolaise? Il est question de l’avenir du continent africain par les africains et non de croire au mythe de l’homme blanc, du chinois qui s’est débarrassé de l’esprit de Bandoeng  sinon la Chine ne saurait soutenir le nommé Joseph Kabila.  Les leaders « congolais » répètent pour s’entendre parler  ou amuser les maîtres  des concepts creux tels que  la « démocratie », le « sous-développement » mais par rapport à qui, « la faillite d’État », la « mondialisation », toujours des concepts d’emprunts   incompatibles  pour la plupart des cas aux réalités africaines et qui sont destinés à tromper le grand nombre.  L’Africain, le Congolais en particulier fait lui-même le lit de ses fossoyeurs.  Ramener le monde ou le limiter à la vue du sommet de l’iceberg  constitue une vision tronquée de la réalité de ce même monde. « Marx, [disait Hô Chi Minh cité par Jaques Attali (2007 : 7)],   a bâti sa doctrine sur une certaine philosophie de l’histoire. Mais quelle histoire ? Celle de l’Europe. Mais qu’est-ce que l’Europe ? Ce n’est pas toute l’humanité ». Et cette vision de la réalité a faussé longtemps  le combat, l’a désorganisé et a contrarié le discours destiné à attiser la flamme.  La société congolaise est composée en grande partie des paysans et non d’ouvriers et à qui son élite s’adresse le moins. Cette cécité compromet la libération des peuples d’Afrique. 

 Le leadership congolais dans son semble, y compris la diaspora « congolaise », tient un double discours le jour comme la nuit. On aurait dit qu’il serait atteint d’ “ alexithymia […] term refers to psychiatric patients who are unable to appraise and express their emotions” (Salovey & Mayer, 1990). “Individuals who lose this ability bury their real self, and a false self emerges “(Hochschild, 1983).

  Face à la montée de la Chine,  de ce qu’on appelle communément le monde émergeant : l’Inde, le Brésil et à l’accession au pouvoir d’une nouvelle race d’acteurs politiques du genre d’Hugo Chavez,  de Lula ou encore de Mahmoud  Ahmadinejab d’Iran, bien que l’on s’oppose à la théocratie au pouvoir, l’Afrique a besoin d’un second souffle. C’est d’une révolution qu’il s’agit et non de ceux qui adoptent et proposent des formules « prêt- à- porter », qui  achètent au Carrefour et consomment « des choses toutes faites ». Le nouvel homme politique congolais devrait et doit être « décomplexé ».   LILOBA NA BISO NGANGA…

Mufoncol Tshiyoyo, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com