Archive for février 2008

Qui de Tony Blair, un britannique et «Blanc », le désormais « conseiller » politique de Paul Kagamé, et de ce dernier, un « Noir » d’Afrique, manipule l’autre… ???

Lorsqu’un européen, un français, qui se dit être « Blanc », nous avons toujours cherché à savoir pourquoi  ces messieurs ont la tendance de souligner le fait qu’ils seraient « blanc », ils mettent en exergue  la couleur de leur peau bien qu’ils ne se gênent pas de réserver le terme d’ « homme de couleur » aux « Noirs » comme si le « blanc » serait exclu du fait d’êtr[3]e une couleur,  intitule son émission à la télévision française et  en France, nous citons : « Maison Blanche : un Noir, une femme ou un mormon [1]». Il aurait bien pu être inspiré et l’intituler : « un homme (tout court au lieu du terme « Noir »), une femme ou…. » Mais qu’est-ce qu’on veut…Et pendant cette émission, Barack Obama est présenté comme un « métis », ce qu’il serait selon un participant, « professeur d’université » en France qui refuse par ce geste de reconnaitre que les « Noirs » ne sauraient prétendre aux qualités qui sont reconnues au « métis » Barak Obama.  Personne ne s’en émeut et ne crie au racisme.

Si les autres ne le seraient ou ne le sont, racistes,  au nom de quoi le serions-nous  en relevant dans notre écrit le fait que Tony Blair soit « blanc » et que Paul Kagamé, un « Noir ».  Qu’on nous évite ce procès facile lorsque nos mots s’évertuent à nommer les choses telles qu’elles apparaissent aux yeux des autres. L’opportunité de cette  mise au point se justifie avant de poursuivre notre réflexion sur cette union de mauvais aloi annonciatrice des difficultés pour la République dite « Démocratique du Congo ».

Le numéro 2455 de  Jeune Afrique du 27 janvier au 2 février 2008 livre une information capitale à ses nombreux lecteurs, Congolais y compris. Ces derniers y  apprennent que « Paul Kagamé, [le maître par procuration du Congo][2],  entre le 26 janvier et le 19 février, le chef de l’État rwandais recevra à Kigali les plus grands dirigeants de la planète : Tony Blair- son nouveau conseiller-, Bernard Kouchner, Horst Köhler, George W. Bush et Ban Ki-moon ». 

L’objet de notre écriture de ce jour est loin de relayer les cris étouffés de Congolais,  voire les pleurs répétés de son élite dépassée et incapable, ou encore discourir ou verbaliser sur des faits tels que vécus sous les tropiques. L’élite Congolaise n’est pas apte à entendre son discours et à suivre sa manière de s’organiser. Faute de vision et de dignité, elle est simplement incapable. Elle s’est toujours trompée d’adversaires en livrant de faux combat, comme celui de vilipender un certain Kagamé quoi qu’il soit un bras armé pour exécuter des sales boulots, notamment tuer des Congolais et s’approprier de la richesse du Congo. La nomination de Tony Blair comme le « nouveau conseiller » du sieur Paul Kagamé date de quand, nous souhaiterions bien le savoir.  De par sa fonction, un conseiller est un subalterne, c’est-à-dire il est sous les ordres d’un chef, son chef, celui qui l’a engagé et pour le compte de qui il travaille. En outre, le conseiller d’un chef d’État a un salaire. Celui-ci est fixé par l’administration qu’il sert. On voudrait nous dire que l’État Rwandais aurait fixé un salaire que recevrait Tony Blair, le « nouveau conseiller » de Kagamé. Si oui, quelle serait sa proportionnalité ? On fait gober n’importe quoi aux esprits malléables.

Tony Blair est un blanc. Et il n’est  pas n’importe  quel blanc,  selon leurs critères. C’est un sujet britannique de sa majesté la reine « civilisatrice » du monde moderne de l’Est en passant pas le centre, l’Afrique et l’Amérique. Tony Blair est un ancien premier ministre de la Grande Bretagne. Arrêtons un peu de jouer au Colin Maillard… !!!! Voyons l’histoire coloniale de ce pays… Tony Blair est le successeur à titré de Winston Churchill. On voudrait faire croire aux « grands enfants » que sont les « Noirs » que Tony Blair serait devenu le conseiller d’un « Noir » de la trempe de Paul Kagamé. Il  pourrait bien le devenir,  mais pourquoi pas, Paul Kagamé, fréquentable ou pas, se prélaverait dans ce cas d’un luxe d’avoir un conseiller blanc de la taille de Tony Blair, l’homme qui a osé mentir aux Britanniques pour mettre mains basses sur le pétrole irakien. On se croirait dans un rêve ou entrain de revivre l’époque où « les Noirs avaient des domestiques blancs ».  Il se pourrait même que l’on exagère un peu, que  Tony Blair, l’époux de Cherry,  ne réponde au tableau que l’on peint de lui sinon il ne saurait descendre si bas en se mettant sous le service et la direction d’un  Paul Kagamé.  Ne serait-il pas Tony Blair le vrai maître du Rwanda  sous une appellation bien contrôlée de « conseiller de…». C’est une nouvelle forme de colonisation qui ne dit pas son nom qui est rendue possible par la manipulation et la « corvéabilité » du genre  Paul Kagamé. Ce Monsieur a toujours été et il est un bras armé, le bourreau qui extermine un peuple, le peuple Congolais au profit d’intérêts assumés et étalés au grand jour.

Son discours  est une reprise, un refrain de la thèse anglo-saxonne qui a toujours clamé haut et fort que le Congo « Démocratique » serait trop vaste,  et que les Congolais ne seraient pas eux-mêmes en mesure de le gouverner. Le masque tombe pour ceux de Congolais rendus aveugles faute d’appréhender les faits historiques. L’Afrique est et elle demeurera à jamais un champ de guerre où les grands s’affrontent et s’affronteront,  tuent et tueront, arment et armeront d’autres africains contre l’épanouissement de leur propre patrie. Ne serait-il pas temps d’opérer un changement efficace de stratégies et de méthodes de combat ?

Jacques Attali publie un livre au titre révélateur : « Gandhi ou le réveil des humiliés ». Et à quand le réveil du sujet Congolais.  La démocratie soutenue et imposée de l’extérieure et quelles que soient les bonnes intentions des uns et des autres constitue un leurre… Les élections organisées et expliquées  par les autres sont un mensonge, un mirage pour un peuple qui doit revendiquer et reconquérir sa souveraineté spoliée et ses droits à l’existence, son identité propre et sa libre détermination. Martin Luther King est mort assassiné. Gandhi le fut aussi. Demain sera peut-être le tour de Barack Obama…L’Afrique devrait inventer et se nourrir de ses mythes.

Congolais et Congolaises, inventons l’histoire. Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC,

R.A.P.,  mufoncol.tshiyoyo@rap-rdc.org

 



[1] http://video.aol.com/video-detail/maison-blanche–un-noir-une-femme-ou-un-mormon–55/3876657401,  11.02.08, 20:08[2] C’est nous qui le soulignons[3] « Focus » in Jeune Afrique, 2455 du 27 janvier au 2 février 2008, p.22