Archive for décembre 2007

Les « Mobutistes » seraient-ils capables de faire un coup d’État à « Joseph Kabila » ou jusqu’où pourrait-on les croire ?

Y aurait-il encore des « mobutistes » de nos jours ? On n’en connait point le nombre avec ce temps qui court,  mais on retiendra que les « mobutistes » ont eu à « régenter » le Congo pendant plus de 32 ans. À en croire certaines langues, ce temps leur aurait permis d’amasser une fortune colossale et ce malgré la manière de son acquisition. Parmi les « mobutistes » détenteurs d’un pouvoir financier, on citerait les « dinosaures », appellation bien contrôlée telle qu’on les surnomme dans le jargon du pays, et qui reviennent au « pouvoir » à la lumière de la dernière composition de ce que tout le monde appelle le « gouvernement » de « Gizenga II ».

Ces chantres nourris à la mamelle du « mobutisme » forment avec les autres déjà injectés dans le rouage du système l’essentiel ou le miroir qui reflète le « pouvoir » de « Joseph Kabila ». Voilà des gens qui pouvaient « inquiéter » ce « conglomérat d’aventuriers »[1] qui les avait « chassés » de pouvoir et arrachés « leurs biens ». Ces « mobutistes » « nantis » sont à mesure de constituer une « force politique » réelle avec les moyens humains et financiers à leur disposition, une force qui aurait pu arracher le « pouvoir » à ce jeune homme nommé « joseph Kabila » qu’ils ont pourtant décidé à servir.

Mobutu qui les connaissait mieux de son vivant,  pour les avoir recrutés et formés,  croyait si peu en ses ouailles. Est-ce une race qui préfère plus jouir que commander ? C’est le sens même de la phrase du défunt maréchal lorsqu’il disait à qui voulait l’entendre : « après moi c’est le déluge ». La plupart de ceux qui reviennent aujourd’hui au pouvoir par la petite porte y ont été avant que Kagamé et ses « afdéliens » ne se chargent de les congédier.

Les « dinosaures » mobutistes ont été incapables de conserver le pouvoir, voire de designer un successeur à la tête de ce qui n’a jamais fonctionné comme un tout « homogène » dont les différentes parties devraient chercher à défendre l’intérêt commun quelles que soient ou furent les divergences qui ont toujours opposé les membres d’un même corps. Citant Egbert Leigh, Matt Ridley[2] écrit à propos de genes: « if we had to do with a parliament of genes: each acts in its own self-interest, but if its acts hurt others, they will combine together to suppress it ». C’est ce que les « dinosaures » mobutistes n’ont pas su inventer: un groupe composé d’hommes aux intérêts divergents mais voguant dans un même bateau en cas de péril. Il semble, et c’est la loi dans toute maffia, que ne l’on ne poignarde jamais du dos le patriarche en vie.

Les mobutistes n’ont-ils pas failli ? On aura franchement du mal, et on ne l’a jamais d’ailleurs fait,  à leur accorder un chèque en blanc surtout pas quand on voit comment ils réintègrent par la petite porte le pouvoir d’un « Joseph Kabila ». On demande à être épargné d’un procès inutile car « chaque phrase que je prononce, [disait le physicien Danois Niels Bohr], n’est pas une affirmation mais une question » que l’on se permet de poser. On voudrait bien savoir le pourquoi du retour de « mobutistes » en ce moment au pouvoir. Serait-il uniquement pour la « politique du ventre » comme aime bien le dire une personne chère à nous, et lécher les bottes de « Joseph Kabila » ou  serait-il une façon courageuse, « wait and see » bien que l’on refuse d’être dans cette disposition, d’adopter l’attitude de Martin Luther King Jr lorsqu’il conseille un rapprochement de son adversaire dans l’intention non avouée de l’abattre ou de le « gérer » ?

 Ce jeu auquel les « dinosaures » voudraient bien se prêter n’est pas du tout évident.  Qui finalement contrôle qui ; Qui sert finalement qui dans ce qui apparaît comme du déjà-vu ? Quand on apprend par exemple de Jeune Afrique , pour ne citer que ce cas parmi tant d’autres, qu’un « monsieur » de la « carrure » d’Alexis Tambwe Mwamba, ou encore un « célèbre » journaliste congolais de Télé Sud,  le même journaliste qui interviewait « Joseph Kabila » lors de l’interview qu’il lui a accordée sur sa chaîne et dont le visage se refermait chaque fois que Joseph Kabila débitait une « phraséologie », ont tout entrepris mais en vain pour que leur poulain « Joseph Kabila » soit reçu par Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Quel mélange, Seigneur ! C’est « le monde à l’envers » aurait crié le défunt Tchicaya U Tam’ Si. Il y a de quoi interroger et le mental du Congolais et celui de son « élite » car il serait déréglé.

La composition du dernier « gouvernement » de « Gizenga II » est un défi lancé à tous ceux qui veulent en découdre avec « Joseph Kabila », et particulièrement aux mobutistes en vue se trouvant à l’extérieur du pays. Ces derniers qui montrent déjà leurs biceps devront  affronter d’abord les « leurs » à qui les « Kabilistes » ont confié, et à dessein,  des postes de choix dans le gouvernement de Gizenga II avant de s’offrir la peau de « Joseph Kabila ».

En effet, la fameuse guerre fratricide dont on craignait et qui n’a toujours pas eu lieu entre ce que furent les différentes tendances du mobutisme devrait, et il est temps, se dérouler. Il est ici même question de l’encourager comme les « mobutistes » sont incapables de s’entendre pour se défaire de « Joseph Kabila  dont certains d’entre eux, faute de se mettre d’accord sur un nom et un nouveau leadership mobutiste alors que les atouts ne manquent pas dans leur camps, souhaiteraient et verraient bien à leur tête comme le successeur désigné de Joseph Désiré Mobutu. « Kongo Zoba » a écrit le professeur Kalele avant qu’il ne rejoigne lui-même le cabinet de Zaïdi Ngoma… !!!

À l’heure où Tshisekedi appelle de ses vœux la tenue du congrès de son parti comme si ce congrès pourrait mieux lui proposer la marche à suivre face à ce qu’il connait de la crise congolaise et de la gestion des hommes qu’il doit appeler à son entourage pour mener sa lutte à terme, ceux qui conseillent et fabriquent « Joseph Kabila » font entrer dans son équipe des ministres mobutistes qui connaissent bien Tshisekedi , son UDPS et ses méthodes de combat qu’ils jugent « gérables ». Ce sont les mêmes qui ont eu à l’affronter voire à le fréquenter à un moment donné de son parcours. « Il y a des moments où un responsable doit marcher en avant du troupeau, partir dans une nouvelle direction, en se fiant à lui-même »[3] sans trop faire cas ou se cacher derrière l’UDPS ou le peuple congolais. Il faut aux Congolais un meneur ou un conducteur d’hommes, une ambition avouée pour le pouvoir. Des fois, c’est triste et une perte de temps pour le pays et les générations futures lorsque le Congo reprend constamment le même sentier à chaque tournant de son histoire.  

La solution à la crise congolaise dépasse de loin le cadre offert par les hommes politiques congolais. D’ailleurs, ce sont les mêmes hommes politiques congolais qui ont fait le lit de « Joseph Kabila » après avoir participé aux travaux de Sun city et apposé leurs mains sur les accords portant le même nom de la ville sud-africaine. Certains d’entre eux furent même ses ministres,  de celui qu’ils ne se gênent pas  d’appeler « étranger » aujourd’hui alors qu’ils ne disaient « mot » à l’époque de privilèges qu’ils jouissaient en tant que ministres et membres de « son « gouvernement ». Absence de caractère, de courage politique, de vision…

Il est temps d’affirmer la nécessité de prendre les armes aux congolais et de les inviter à s’inventer d’autres leaders. La guerre est nécessaire. Barack Obama avoue que «  je ne m’oppose pas à toutes les guerres. Je m’oppose aux guerres stupides »[4]. La guerre leur enseignera les vertus et le sens de la solidarité nationale. Les compatriotes de la région du Kivu se plaignent d’être abandonnés à leur propre sort face aux invectives de Kagamé. Doivent-ils continuer à subir et à se défendre seuls alors qu’ils ne protègent pas leur Kivu mais une portion de la terre congolaise qui appartient d’abord au Congo.  L’esprit « mayi- mayi » devrait être semé dans toutes les tribus congolaises. Et cela ne pourrait être possible que si les Congolais à l’unisson combattaient pour libérer et fonder la nation congolaise sur base d’un pacte nouveau de sang entre les différentes populations qui peuplent et forment le Congo. Ce travail est celui d’une élite. C’est elle la main libératrice et c’est elle qui désire le pouvoir politique pour changer le monde.

Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RCD,

R.A.P.Mouvement Politico-militaire , mufoncol.tshiyoyo@rap-rdc.org, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com, GSM 004796828038


[1] Propos de Laurent Désiré Kabila à l’égard de ses anciens « amis » de l’AFDL

[2] Matt Ridley, 1996, The origins of virtue, London, Penguin Books, p.33

[3] Nelson Mandela, 1995. Le long chemin vers la liberté, Paris : Fayard, p.543

[4] F. Durpaire & O.Richomme, 2007. L’Amérique de Barack Obama, Paris, Demopolis, p.64