Archive for août 2007

FAUT-IL COMBATTRE LE « fils de Kabila » DE LA MÊME MANIÈRE QUE LE LEADERSHIP D’HIER A COMBATTU LE MARECHAL MOBUTU ?

Que l’on ait aimé Mobutu ou pas, il y a lieu ici de reconnaître que l’homme fut un adversaire « coriace ». Cahin-caha, Mobutu est resté 32 ans au pouvoir jusqu’à ce que sa maladie lui ait dicté la voie de sortie. Machiavélique, l’homme le fut. Il a misé sur la durée en se préoccupant peu du résultat de son règne et de ce que l’Histoire en dirait.  N’est-ce pas le propre de l’Histoire de conclure les chapitres d’une vie, bonne ou mauvaise ?

Pour en découdre avec Mobutu, le leadership d’hier a recouru aux techniques accessibles sur le marché, notamment les villes mortes (on sait de quoi on parle), les sit-in, les tracts et autres pamphlets politiques ; Il a recouru à l’écriture et à la parole, les grèves, les marches de protestation qui ont débouché ou encore se termine par le sang de nombreux anonymes tombés ou tombent sous les balles de la soldatesque au service du système. Cette liste n’est pas exhaustive. Mais la question de leur efficacité  se pose avec acuité. A-t-il-été efficace,  ce mode de combat ? A-t-il abouti aux résultats escomptés qui étaient de divers ordres ? Cherchait-on à affaiblir Mobutu ou on visait à éradiquer le « mobutisme » ? On ne saurait pas non plus affirmer que cette façon d’œuvrer a eu raison du système et du Maréchal  aussi longtemps que ceux qui ont combattu Mobutu n’ont jamais accédé au pouvoir politique. Même s’il est vrai dans certains cas que se succéder à Mobutu ne constituait pas officiellement leur ambition première. Les Congolais ont plutôt vu débarquer à la place ceux dont ils attendaient le moins, ce « conglomérat d’aventuriers » à la tête de laquelle trônait un certain Laurent Désiré Kabila. Ils ont dû rafler la mise au vu et au su de tout le monde.  

Dans la lutte contre Mobutu, certains ont privilégié la « non- violence » comme stratégie de combat et arme de conquête de pouvoir, mais une non-violence monotone, épuisante et couteuse en « chaire humaine ». On ne pourrait non plus nier  quelques avancées « démocratiques », quelques libertés arrachées ci et là, notamment la liberté de presse, d’expression, d’association et d’autres, comme le multipartisme… Mais à quoi ont-elles servi toutes ces victoires lorsque sur le terrain, le Congo serait toujours à sa case de départ, c’est-à-dire en 1960. Les  mêmes questions se reposent face au « fils de Kabila ». Qui est en fait le vrai adversaire contre lequel les Congolais devraient ou doivent se battre ? Etait-ce Mobutu hier ou le nommé « Kabila Joseph » aujourd’hui ? « Kabila Joseph » n’est-il pas un chien de garde au service de ses maîtres ? Dans ce cas, faudrait-il combattre le chien et laisser libre son maître qui pourrait à l’occasion substituer un autre chien de garde à la place ou combattre le maître pour cueillir le chien en errance ? Dans les deux cas, la « non-violence » ne répond pas à la nature et de la crise et celle des adversaires à combattre.

Partout où la non-violence fut utilisée, elle servait ou a servi à combattre l’humiliation incarnée par l’Occident, l’humiliant. Il y a un doute aujourd’hui,  et ce doute persiste, que la non-violence soit une arme efficace pour déboulonner une dictature soutenue et dirigée de l’extérieur par ses mentors. L’humilié fait face à deux adversaires, l’un est à l’intérieur,  fruit du système qui le génère, à qui l’entraineur apprend à frapper et l’autre, le maître du système, qui est à la fois acteur et observateur extérieur. Mahatma Gandhi et Martin Luther King ont combattu un adversaire unique, l’Occident l’humiliant. La situation se complique dès lors qu’il faille combattre des adversaires à la fois. La non-violence est dans ce cas un procédé dépassé, inapproprié. Il coûte non seulement  en nombre des victimes mais aussi en temps. Elle demande à ce que le peuple suive et pour suivre, le peuple devrait être rapidement formé alors que l’adversaire se bat pour se maintenir et maintenir le système. Le Congo est un pays qui ne pas du travail de ses enfants ou du contribuable congolais. Le pouvoir au Congo vit des subventions extérieures lesquelles ôtent aux travailleurs congolais leur droit d’exercer des pressions sur le pouvoir qui n’a pas de compte à rendre aux Congolais.

Celui que le monde appelle « Joseph Kabila » est loin d’être de « la race des seigneurs »[1]. C’est juste une marionnette au service de ses maîtres que les Congolais et Jean Pierre Bemba,  qui reconnaissent et se soumettent à « son pouvoir »,  élèvent au rang de leader politique. « Shame on you ! », crie Michael Moore. Il n’y a pas de pitié pour ceux qui acceptent et subissent un ordre injuste. Il n’y a que mépris. « […] lâches, […] stupides, [crie Napoléon à ceux qui se reconnaîtront dans ces propos], puisque la continuité de l’oppression ne vous rend aucune énergie, puisque vous vous en tenez à d’inutiles gémissements lorsque vous pourriez rugir, puisque vous êtes des millions et que vous souffrez qu’une douzaine d’enfants armés de petits bâtons vous mènent à leur gré, obéissez ! Marchez sans nous importuner de vos plaintes, et sachez du moins être malheureux, si vous ne savez pas être libres »[2].  

Les Congolais ressentent « Joseph Kabila » comme une humiliation. Jacques Attali écrit dans L’Express que « notre monde, celui de Ben Laden et de bien d’autres, est l’héritier de millénaires d’humiliation, dont trois siècles par la faute de l’Occident »[3].  L’Occident en est bien conscient,  mais il refuse de changer. Pourquoi devrait-il changer aussi longtemps qu’il ne sent pas forcé de changer d’attitude. Pourquoi devrait-il le faire lorsqu’il peut arracher « notre » consentement à moindre coût. L’Occident sait que l’humilié que la plupart de nous sommes est toujours coopératif, bon enfant et aimable. Déjà, on est admirateur de l’Occident. On pense n’être pas son égal, mais inferieur. On refuse d’être différent mais la plupart de nous voudrait lui ressembler. Il y a toujours un seuil au-delà duquel l’humiliation et l’humiliant ne doivent pas dépasser. « Nous aussi nous sommes hommes »[4] . Il vient un moment dans la vie d’une nation, dit Nelson Mandela «  où il ne reste que deux choix : se soumettre ou combattre. [Et] ce moment est arrivé [pour les Congolais car « Joseph Kabila » à la tête du Congo est un casus belli] »[5] .

Faut-il combattre « Joseph Kabila » avec les villes mortes, les grèves, la non-violence qui obligent la plupart des  combattants de la liberté à choisir soit l’exil soit une mort facile du genre de notre cher compatriote Christian Badibangi. Non ! Non ! Non ! Trois fois Non. Nelson Mandela dit que tout homme politique sérieux comprendra que dans les conditions quotidiennes actuelles de notre pays, rechercher un martyre bon marché en me livrant à la police serait naïf et criminel »[6]. Coup de chapeau à l’association « Bana Congo » qui montre une voie à suivre aux Congolais. Il faut inventer les outils de combat, repenser la stratégie de lutte et livrer ensuite la bataille. Le Congo aux Congolais… Nicolas Sarkozy dit « ceux qui n’aiment pas
la France la quitte ». Les premières armes dont les Congolais disposent sont la volonté, la détermination et leur sang. La nation mérite que l’on meure pour elle. « 
La France, [disait la maman de Napoléon à son fils],  est grande, riche, bien peuplée. Elle est en feu. Voilà mon fils, un noble embrasement. Il mérite les risques de s’y griller »
[7].

Les uns disent qu’il faut donner du temps à « Joseph Kabila ». Ceux-là ont la mémoire courte. Plus personne ne se rappelle que nombreux d’entre nous ont chanté et dansé dans leur jeunesse : « Topesaki 5 ans na Mobutu, tobakisaki 7 ans na Mobutu, mpo na ko sukisa, 100 ans tomotombele ». On a tendance à oublier vite où cela a conduit le Congo. Celui que l’on nomme Joseph Kabila ne mérite pas que les Congolais lui accordent du temps. « L’excuse du provisoire n’est jamais en réalité qu’une ruse du tyran pour se faire accepter ».

D’autres reprochent aux Congolais leur manque de moyens. Il faut être politiquement idiot, dit Saul Alinsky, de croire que tout le pouvoir vient du canon des fusils quand e c’est l’adversaire qui possède tous les fusils.

James Baldwin crie : « La prochaine fois, le feu »[8]

Mufoncol Tshiyoyo


[1] Cécilia Sarkozy avait indiqué au Nouvel Observateur que Rachida Dati était plus qu’« une amie, c’est ma sœur. Je ne la lâcherai jamais. Je connais tout d’elle. Elle est de la race des seigneurs. »  http://clubobs.nouvelobs.com/article/2007/08/06/20070806.FAP1635.xml

[2] Max Gallo, 1997, Napoléon Le chant du départ, Paris, Robert Laffont, p.89

[3] http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/inde/dossier.asp?ida=459051

[4] Max Gallo, Ibid., p.88

[5] Nelson Mandela, 1995, Un long chemin vers la liberté, Paris, Fayard, p.298

[6] Ibid., p.288

[7] Max Gallo, ibid., p.194

[8] James Baldwin, 1996,  La prochaine fois le feu, Paris, Gallimard, coll. Folio, le titre

L’UDPS D’ETIENNE TSHISEKEDI VOLERA EN ECLAT À L’INSTAR DU MNC/L de Patrice Lumumba ET LE MPR DU FEU MARECHAL MOBUTU…

 

Jamais un sans deux et deux sans trois, dit un adage. Il y a eu le MNC/L de Lumumba. Il a volé en éclat après la disparition tragique de son leader charismatique Patrice Emery Lumumba. À l’arrivée de Mobutu, les Lumumbistes prirent non seulement le large, mais la plupart devinrent ou épousèrent le « mobutisme » nouveau. Le Congo d’hier et celui d’aujourd’hui a connu et connait plusieurs partis ou mouvements politiques d’obédience « lumumbiste ». Il semblerait  même que le fils de l’autre, selon les propos de Gizenga, serait un « lumumbiste» à ses heures perdues.  

 

Le MPR du feu maréchal Mobutu a connu et connait presque le même sort que le MNC/L de Lumumba. À la débâcle du mobutisme, les Mobutistes, du moins ceux qui s’en réclamaient avaient pris leurs jambes à leur cou à l’avènement  d’un type nouveau de politiques congolais appelés « Kabilistes ». Aucun de ceux que Mobutu a fabriqués n’a affiché ni la loyauté ni le courage d’assumer le passif ou l’actif du mobutisme. Le temps de reniement a sonné avant même que le troisième chant du coq ne fut entendu. S’ils n’ont pas tous rallié Kagamé et devenus « Kabilistes », faute de convictions et de dignité, le MPR du feu Marechal Mobutu  a donné naissance au MPR fait- privé de Nzuzi wa Mbombo, à l’Apareco d’Honoré NGbanda, à l’UDEMO de l’un des fils du Marechal, au MLC de Jean Pierre Bemba, etc.

 

Loin d’apparaitre comme un oiseau de mauvaise augure, l’interrogation demeure et elle est actuelle au sujet du parti cher à Etienne Tshisekedi. Volerait-il en éclat après Tshisekedi qui incarne l’UDPS considéré non en tant que structure politique mais en tant qu’esprit de changement qui habiterait l’homme congolais sans distinction d’opinions et de tribus. La plupart de ceux qui répondent à l’appel de Tshisekedi ne sont pas tous membres de l’UDPS.

 

Le combat de Tshisekedi a été celui de libération d’un peuple. Il a cherché à informer et à former le « citoyen » congolais appelé à se libérer du joug de toute domination. À ce titre, Tshisekedi s’est placé en marge de conquête de pouvoir politique. Il s’est servi de la marque « UDPS » pas en tant que parti politique mais un mouvement d’adhésion à un idéal commun : le changement. Il a incarné un leadership national qui se situait au-delà des courants et des partis politiques. Tshisekedi a été élu à
la Conférence Nationale Souveraine par des voies qui n’étaient pas uniquement de l’UDPS. Son combat n’était pas perçu comme celui d’un parti politique, d’un camp donné mais d’un peuple tout entier même si la structure politique UDPS, qui ne l’a pas finalement accompagné (Kibassa, Birindwa, Lihau, et bien d’autres encore) et qui est appelée à faire ses preuves, s’est appropriée l’homme Tshisekedi qui ne lui appartient pas en fait. Faisons bien la part des choses. Il y a UPDS et UDPS. Il y a UDPS considéré comme esprit de changement et UDPS comme structure politique qui est appelée à disparaitre après Tshisekedi comme le furent le MNC/L et le MPR à la disparition de leur leader respectif. La plupart des Congolais ne font pas la politique par conviction ni par idéal.

 

Mubake et Massamba qui dirigent actuellement l’UDPS « structure politique » n’incarnent pas forcement l’esprit de rupture prôné par son leader Tshisekedi. Les deux réunis, qui sont en outre des transfuges,  n’ont pas le charisme de l’homme Tshisekedi. Et l’absence de ce charisme entrave leur succession à la tête ou à la direction de l’UDPS « structure politique » et de ce fait incarné l’autre versant de l’UDPS « esprit de changement ». Ni l’un ni l’autre ne pourrait prétendre à sa direction.

À regarder de près les résultats électoraux bien que contestables réalisés par le fils de l’autre dans les régions d’origine de Mubake et de Massamba, il ressort de cette lecture que les deux précités ne représentent aucun poids politique réel car le nommé « Kabila Joseph » a raflé la mise dans ces deux régions. La majorité « silencieuse » qui forme l’ossature de la structure UDPS n’est pas prête à suivre le duo Massamba et Mubake. Ils doivent convaincre mais ils savent que c’est impossible à l’heure du bilan.

 

Il y a un autre courant interne dirigé par une ligne dure. Il est animé de Bruxelles  par le Docteur Mpuila. L’homme est comme Tshisekedi originaire de la région du Kasaï Oriental. Ce qui n’est pas à déconsidérer. Son courant prône la rupture proche de la vision politique de Tshisekedi. Et s’il n’est déjà pas majoritaire, il pèsera lourd le moment opportun face aux autres qui croient que le temps serait venu de se positionner pour le pouvoir politique moyennant quelques arrangements. C’est la logique institutionnelle que rejette Mpuila, celle du statut de l’opposition confectionné par le camp au pouvoir comme un appât pour attirer les «gibiers » et de l’autre le refus de ces gibiers d’abandonner ce poste à un Jean Pierre Bemba au service de ses maîtres.   

 

Il y a aussi ces compagnons de Tshisekedi, une structure en dehors de la structure UDPS que Tshisekedi laisse s’exprimer sans que les autres instances de l’UDPS n’autorisent ses manifestations. Ce qui sonne comme une guerre larvée à l’intérieur même de la maison entre les occupants. C’est une façon de démontrer à Mubake et à Massamba qu’ils ne dirigent rien. Les ingrédients sont réunis pour que l’UDPS connaisse le même sort que le MNC/L de Lumumba et le MPR de Mobutu.  On ne pourra l’éviter. Il y a d’autres cadres de l’UDPS qui ont souffert de leu vie et qui attendent faire une OPA sur l’UPDS. Tshisekedi étant un être humain, et tout ce qui serait humain ne lui serait pas étranger, le moment de la vérité sonnera un jour. Ce n’est pas la crainte de voir l’UDPS en plusieurs morceaux, mais l’absence de Tshisekedi sonnera l’hallali de l’UDPS « structure politique ».  D’ailleurs, Jacques Matanda que Tshisekedi a nommé comme représentant de l’UDPS « structure politique » aux Etats-Unis est plus Tshisekediste que membre de l’UDPS.

 

Il est temps que ceux qui ont amorcé ce combat pour le changement avec Tshisekedi,  que le « citoyen » Congolais se réapproprie son combat de libération qui va de pair avec la conquête de pouvoir politique, que le « citoyen » Congolais  reprenne le flambeau de cette lutte. Le nouveau leadership et l’avenir du pays se joue à ce niveau.

 

Mufoncol Tshiyoyo

APPEL D’OSLO : Congolaise et Congolais, mettons fin à l’Ordre institutionnel de Sun-city et renversons celui que ses mentors appellent « Joseph Kabila » …

Que le ”journaliste” ou l’intellectuel Congolais fasse son boulot, c’est- à -dire qu’il écrive, informe et forme son public, cela se passe de tout commentaire. Mais que l’homme politique Congolais, qui est censé être un ”acteur” qui est à l’origine d’une initiative capable d’encadrer et de modifier le cours de l’histoire, réduise son ”action” à l’écriture, même si cette dernière par sa noblesse serait l’acte par excellence, l’attitude de cet homme politique Congolais dénote un dysfonctionnement de sa structure mentale. C’est « le monde à l’envers » qui met en cause son leadership et sa capacité à pouvoir libérer son peuple par des actes consciemment entrepris.

Les Congolais sont pour la plupart très bavards. Il suffit de jeter un coup d’œil sur leurs forums de discussion pour se faire une idée du gâchis qui s’y déroule. Ils rassemblent des phrases longues et compliquées juste pour démontrer qu’ils maîtrisent le français. C’est comme si le fait de s’exprimer dans une langue d’empreint serait synonyme d’intelligence. Il est vrai que « toute libération commence avec les mots »1. Mais les politiques Congolais se complaisent de jouer les seconds rôles confectionnés à leur image. Beaucoup occupent les places dévolues aux journalistes dans la société. Il en est de même pour les associations qui œuvrent comme « politiques » et vice versa. Quid de la sagesse qui recommande à chacun d’être à sa place, de jouer et d’assumer pleinement son rôle dans une union complémentaire ? Au Congo, il en a toujours été ainsi, ce sont les journalistes qui combattent et payent de leur vie. Ils sont les seuls à tomber armes à la main face à la cohorte de soudards et d’aventuriers de toute sorte qui prennent le Congo en otage. Les exemples abondent : Bosange Yema, Bapuwa Mwamba, Serge Maheshe de Radio Okapi, Franck NGyke… pour ne citer que ces noms. La liste n’est pas exhaustive. L’arme du journaliste est sa plume. Ses munitions sont les mots agencés qu’elle crépite. Ce qui est différent de l’homme politique qui est appelé à poser des actes et contre-actes en vue de combattre une adversité et de convaincre de la justesse de ses vues. Et si les journalistes meurent au Congo, on ne pourrait en dire autant d’hommes politiques qui ont versé ou versent leur sang pour le pouvoir qu’ils prétendent défendre ou revendiquer. Tous cachent presque derrière des slogans volubiles, des phrases sonores face à un Kagamé offensif, à la ruse d’un Museveni au service de leurs maîtres et de tant d’autres vautours qui rodent autour d’un cadavre nommé Congo.

Quand Kagamé parle, les politiques Congolais se taisent. Ils ont leur tête ailleurs en train de courir qui à Kigali, qui on ne sait où alors que la maison natale brûle. Le Congo est en feu et en flamme. Et c’est la presse qui se charge de répondre et à Kagamé et à Louis Michel.

Pendant que les uns comptent sur le peuple, il se trouve que ce dernier n’est pas encore prêt pour s’assumer. Il attend et se tourne vers son élite qui devrait et doit le faire sortir du cauchemar dans lequel le pays s’est embourbé. Parmi ces élites, il y a ceux qui croient tout bonnement qu’avec la désignation du fils de l’autre, tout serait dans l’ordre juste. Et à l’occasion, ils en appellent vivement à la « refondation de la nationalité congolaise ». C’est comme si les Congolais étaient suffisamment libres pour débattre de cette question. L’impression qui s’en dégage est celle de mettre la charrue devant le bœuf. Ne devrait-on pas reconquérir ses droits d’abord, sa liberté d’action et de penser avant de songer à s’en servir à les défendre ? Comment défendre des droits que l’on ne dispose pas ? Les Congolais sont loin d’être libres. Les faits ne le démentent pas. Personne n’est libre lorsque sa liberté consiste à poser son choix entre d’un côté le cholera et de l’autre, la peste.

Les hommes politiques Congolais ont oublié que le peuple, et c’est Karl Marx qui l’aurait dit, est comme un sac plein d’avocats. Pour qu’il bouge, il lui faudrait quelqu’un ou des bras pour le mettre en mouvement ou le déplacer. Le peuple Congolais se trouve dans une situation d’abandonné. Il est seul devant son sort. On le voit en quête de leadership naviguant entre un certain Jean Pierre Bemba qui ne convainc pas et d’un Tshisekedi qui a déjà tout donné. Cette situation favorise la libre circulation des loups dans la bergerie en l’absence du ou des bergers. Kagamé, Museveni et celui que l’on appelle couramment Kabila Joseph s’aventurent dans les parages faute de la présence des lions aux environs. On ne cessera jamais de le dire : il y a carence d’hommes politiques, il y a absence de grands hommes au Congo. Et c’est François Mitterrand qui le disait : « ce n’est pas avec des marionnettes qu’une idée prend vie […] : chaque parti veut ses grands hommes »2. Mais « le grand homme est un gibier rare et naturellement recherché… […] Il faut avoir ses grands hommes et, si on n’en trouve pas, on les invente »3. Alors que tous ces vieux croulant sous le poids de l’âge courent les prébendes et tentent de caser leurs progénitures aux commandes de la nation et à vil prix, l’espoir repose sur la colère de la jeunesse congolaise à qui nous répétons la célèbre phrase de Winston Churchill : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, de la sueur et des larmes ». Saint Babeuf est mort à l’âge de 27 ans, Guy Môquet a donné sa vie à l’âge de 17 ans.

De la jeunesse, Nelson Mandela raconte : « ces jeunes étaient différents de tous ceux que nous avions connus jusqu’ici. Ils se montraient courageux, hostiles et agressifs, ils refusaient d’obéir aux ordres et criaient Amandla ! […] Les autorités ne savaient pas comment s’y prendre avec eux […]. Lors d’une visite, […], Winnie avait réussie à me dire […] qu’une génération de jeunes très mécontents était en train de monter. […] Elle m’avait dit qu’ils changeaient la nature de la lutte …»4. Nous en appelons et lançons un vibrant appel à la jeunesse congolaise. Qu’il est grand temps de donner son sang pour sa patrie, pour la terre de ses ancêtres. Le temps d’un affrontement frontal avec le nommé Joseph Kabila et toute sa cohorte. Il faudra apprendre à mourir comme meurent de véritables hommes. Ils ne meurent ni de maladie, ni de misère, ni de balles perdues, mais face à l’adversaire et armes à la main. La nation portera sa plus belle robe. Elle affichera sa fierté et le monde aux alentours respectera l’homme Congolais.

Les Africains envient l’Occident. Ils n’hésitent pas à tout prendre pour un voyage de tout risque. Ils ne retiennent de l’Occident que ses lumières lointaines et la puissance de son « soft power ». Mais qui se rappelle que l’Occident ne s’est jamais construit et ne se construit pas sans que le sang des siens ne soit coulé. Combien sont morts, meurent et mourront au nom de la civilisation et de l’Occident. Les occidentaux payent cher la qualité de leur vie. Ses enfants meurent en Irak, en Afghanistan. L’Eufor était au Congo. Et dans tout cela où est l’intérêt de celui que le monde appelle le « Congolais »? On ne vous donnera pas le Congo sur un plateau d’argent à moins que vous acceptiez de mouiller votre chemise. Qui ne sait pas qui est Kabila Joseph ? Ceux qui le savent se moquent de revendications des Congolais. Nul n’ignore non plus la nature de la crise au Congo. Ils savent aussi que les élections organisées étaient un trompe l’œil, mais combien ils font semblant d’écouter les appels lancés par les Congolais. Faudrait-il s’en étonner dès lors que les revendications congolaises sont des cris poussés par des sous-hommes ?

Le cas de Kunda Batware est aussi connu par cette fameuse communauté internationale. Mais ceux qui le savent classent cette affaire dans la catégorie congolo –congolais, voire les Nations Unies demandent aux Congolais de régler à l’amiable ce que cette institution internationale par le biais de ses représentants au Congo appelle une question ethnique congolaise (sic !). S’il en serait ainsi, pourquoi ils ne laisseraient pas aux Congolais de solutionner cette crise à leur façon ? Les Nations Unies ont démontré leur incompétence, leur mauvaise foi, leur manque de volonté face à la crise qui secoue le Congo. Elles étaient déjà là au Congo en 1960 alors qu’on assassinait Lumumba. Elles sont revenues au Congo pour se moquer des nègres que nous sommes et imposer Kabila Joseph. Quelle est l’utilité des fonds engagés par les Nations Unies au Congo ? À quoi sert la présence de ses contingents quand ils sont incapables de bouter dehors les armées étrangères qui occupent impunément le territoire congolais? Jusqu’à quand les Congolais demeureront d’éternels assistés ?

Nous lançons un vibrant appel à tous ceux qui veulent en découdre avec Kabila Joseph et sa bande d’apprentis sorciers. Nous les appelons à rejoindre notre action. La solution au Congo reste accrochée malheureusement ou heureusement au bout du fusil. Congolaises et Congolais, passons à l’acte. Kabila ne mérite pas que les Congolais lui consacrent des négociations politiques comme certaines voix le préconiseraient. C’est un luxe pour ce type d’hommes qui ont du mal à appréhender les valeurs du monde moderne. Nous devons renverser le pouvoir de l’usurpateur Joseph Kabila et mettre de ce fait fin à l’Ordre institutionnel de Sun City qui caractérise la compromission de l’élite congolaise. Les remous actuels au sein du pouvoir à Kinshasa entre un certain Vital Kamerhe et ce qu’il appelle le « clan des Katangais » est une distraction de mauvais goût, un piège dans lequel il ne faudra pas tomber. La liberté est de ces choses dont on saurait faire l’économie de prix. Elle n’en a pas.

Mufoncol Tshiyoyo,

 Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC, (R.A.P. ) mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com

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